Accueil > Actualités > Politique > Gouvernement Fillion IV : Remaniement à surprises
Un remaniement à surprises et plus large qu’attendu
Nicolas Sarkozy a procédé mardi à une redistribution des postes beaucoup plus large qu’attendu au sein du gouvernement, afin de tenir compte des priorités qu’il a fixées lundi devant le Parlement réuni en Congrès.
La première tâche de ce gouvernement, qui se réunira pour la première fois mercredi, sera de définir dans les trois prochains mois les "priorités nationales" qui seront financées par le grand emprunt dont le chef de l’Etat a annoncé le lancement.
Sa durée de vie pourrait ne pas dépasser les neuf mois qui le sépare des élections régionales de 2010.
Il aura à gérer les conséquences d’une crise économique et financière dont Nicolas Sarkozy a admis qu’elle n’était pas finie et qui a creusé les déficits publics à un niveau sans précédent - au moins 7% du PIB.
Aussi le chef de l’Etat n’a-t-il pas touché au binôme de Bercy - la ministre de l’Economie Christine Lagarde et le ministre du Budget Eric Woerth.
Ce nouveau gouvernement Fillon n’en ménage pas moins des surprises de taille après avoir été présenté comme un simple aménagement après des élections européennes gagnées par l’UMP.
Nicolas Sarkozy a ainsi nommé un ministre de la Culture hautement symbolique en la personne de Frédéric Mitterrand, neveu du président socialiste défunt, dont le nom est toujours vénéré par une grande partie de la gauche, au ministère de la Culture et de la Communication, en remplacement de Christine Albanel.
Fort du succès de l’UMP aux européennes et de l’émiettement de l’opposition, il a également enfoncé le clou de l’ouverture vers le centre avec une autre "prise" importante mais attendue : le sénateur Michel Mercier, trésorier du Mouvement démocratique (MoDem) de François Bayrou, nommé ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire.
Promotions express
Hormis Rachida Dati et Michel Barnier, qui quittent le gouvernement pour aller siéger au Parlement européen, le chef de l’Etat et le Premier ministre François Fillon ont gardé tous les poids lourds mais procédé à des promotions spectaculaires.
Michèle Alliot-Marie, qui remplace Rachida Dati au ministère de la Justice, devient ainsi le deuxième ministre d’Etat avec son collègue de l’Ecologie Jean-Louis Borloo.
Luc Chatel, jusqu’ici secrétaire d’Etat à l’Industrie, hérite du portefeuille de l’Education nationale tout en restant porte-parole du gouvernement.
Autre promotion express : celle de l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, Bruno Le Maire, nommé il y a à peine plus de six mois secrétaire d’Etat aux Affaires européennes et désormais ministre de l’Agriculture et de la Pêche à la place de Michel Barnier.
Un portefeuille élargi à l’alimentation. Le périmètre des principaux autres ministères a également été élargi.
A six mois du sommet de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique, Jean-Louis Borloo est aussi chargé des négociations sur le climat et des technologies vertes, dont Nicolas Sarkozy espère un coup de pouce à la croissance.
Brice Hortefeux, nommé il y a seulement six mois au poste stratégique des Affaires sociales et du Travail, remplace Michèle Alliot-Marie à l’Intérieur, auquel est adjoint le portefeuille des collectivités territoriales.
Signaux inquiétants", dit le PS
En nommant ce fidèle parmi les fidèles à ce poste, Nicolas Sarkozy se prive d’un négociateur avec les syndicats mais confirme, à destination de l’électorat de droite, la priorité qu’il entend toujours accorder à la sécurité intérieure.
Brice Hortefeux aura aussi la mission délicate de conduire avec Michel Mercier la réforme des collectivités territoriales, dont Nicolas Sarkozy attend notamment une réduction du nombre d’élus locaux et des économies substantielles.
C’est Xavier Darcos, un autre ministre de confiance de Nicolas Sarkozy, jusqu’ici chargé de l’Education nationale, qui hérite du portefeuille des Relations sociales et du Travail, élargi à la Famille et à la Solidarité.
Après avoir bataillé contre les syndicats enseignants et lycéens, il devra à la fois gérer les conséquences sociales de la crise et préparer une nouvelle réforme potentiellement explosive des retraites.
Au total, le départ de huit sortants est compensé par l’arrivée de huit nouveaux ministres et secrétaires d’Etat, dont le très atlantiste et pro-américain député UMP Pierre Lellouche (Affaires européennes) et un autre sarkozyste, le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi (Industrie).
Le Parti socialiste a accusé Nicolas Sarkozy dans un communiqué d’avoir "placé ses hommes" et donné des "signaux inquiétants de fermeture" plutôt que d’ouverture.
Edité par Yves Clarisse
Nicolas Sarkozy a procédé mardi à un vaste remaniement ministériel dont l’une des surprises est la promotion de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie à la Justice et son remplacement par Brice Hortefeux.
Outre cette nomination que les socialistes s’emploient déjà à minimiser, le chef de l’Etat a rallié un ministre d’ouverture d’importance : le sénateur centriste Michel Mercier, proche de François Bayrou, qui est investi d’un ministère de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire.
La composition du nouveau gouvernement Fillon fait cinq autres victimes après Christine Albanel : Christine Boutin, Roger Karoutchi, Yves Jégo, André Santini et Bernard Laporte.
Au total, huit ministres quittent le gouvernement, dont Rachida Dati et Michel Barnier élus au Parlement européen, et huit nouveaux font leur entrée.
Le chef de l’Etat et son Premier ministre François Fillon - qui plaidait pourtant pour une refonte a minima - ont contredit les augures en opérant un jeu de chaises musicales.
Rachida Dati est remplacée par Michèle Alliot-Marie, élevée au rang de ministre d’Etat à l’instar de Jean-Louis Borloo, avec un portefeuille élargi aux Libertés.
Le ministre de l’Agriculture sortant est remplacé, autre surprise, par l’ex-secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin. Le portefeuille agricole recouvre désormais l’alimentation.
Darcos au travail, Chatel à l’éducation
Le député UMP atlantiste Pierre Lellouche, qui briguait depuis des années un premier maroquin, officiera aux Affaires européennes.
Xavier Darcos abandonne l’Education nationale et hérite du portefeuille du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité.
Après le passage éclair de Brice Hortefeux, qui n’aura pas convaincu les syndicats, il devra s’attaquer à la réforme des retraites pour laquelle Nicolas Sarkozy a promis des décisions à la mi-2010. Mission délicate pour ce ministre qui se présentera aux régionales en Aquitaine en 2010.
C’est Luc Chatel, autre promu du remaniement, qui lui succédera rue de Grenelle. Celui-ci conserve la fonction de porte-parole du gouvernement.
Au nombre des entrants, Christian Estrosi, qui s’est fait une spécialité des problèmes de sécurité, est nommé ministre chargé de l’Industrie auprès de Christine Lagarde. Une récompense de choix pour le député-maire de Nice, fidèle de longue date du chef de l’Etat.
La loyauté de l’ex-secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi n’aura pas suffi : sanctionné, comme Christine Albanel, pour les ratés du projet de loi sur le téléchargement illégal sur internet mais aussi pour les couacs à répétition au sein de la majorité, il est remplacé par Henri de Raincourt.
Le président du groupe UMP au Sénat sera à la tête d’un ministère, non plus d’un secrétariat d’Etat, ce qui dénote l’attention que Nicolas Sarkozy entend porter aux relations entre le gouvernement et le Parlement.
Nora Berra, nouvel emblème de la diversité
Après le départ de Rachida Dati, la "diversité" Nord-africaine sera désormais incarnée au gouvernement par la député européenne UMP Nora Berra, 45 ans, fille d’un tirailleur algérien, nommée à un nouveau secrétariat d’Etat chargé des Aînés. Valérie Létard, précédemment dans ce registre à la Solidarité, rejoint son mentor Jean-Louis Borloo à l’Ecologie.
L’autre figure de la "diversité", Rama Yade, remplace Bernard Laporte au secrétariat d’Etat aux Sports. Son secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme disparaît.
La Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, fille de la chiraquienne Lucette Michaux-Chevry et conseiller pour l’Outre-mer à l’Elysée, accompagnera Nicolas Sarkozy en Guadeloupe et Martinique puisqu’elle succède à Yves Jégo, très critiqué pour sa gestion de la crise sociale outre-mer.
Autre nouvel entrant, le député UMP Benoist Apparu, est nommé secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme.
Le chef de l’Etat s’est finalement résolu à se séparer de Christine Boutin, en dépit du lobbying de l’ex-ministre du Logement qui représentait au sein du gouvernement la frange catholique de son électorat.
Nicolas Sarkozy a procédé mardi à une redistribution des postes beaucoup plus large qu’attendu au sein du gouvernement, afin de tenir compte des priorités qu’il a fixées lundi devant le Parlement réuni en Congrès.
La première tâche de ce gouvernement, sera de définir dans les trois prochains mois les "priorités nationales" qui seront financées par le grand emprunt dont le chef de l’Etat a annoncé le lancement.
Sa durée de vie pourrait ne pas dépasser les neuf mois qui le sépare des élections régionales de 2010.
Il aura à gérer les conséquences d’une crise économique et financière dont Nicolas Sarkozy a admis qu’elle n’était pas finie et qui a creusé les déficits publics à un niveau sans précédent - au moins 7% du PIB.
Aussi le chef de l’Etat n’a-t-il pas touché au binôme de Bercy - la ministre de l’Economie Christine Lagarde et le ministre du Budget Eric Woerth.
Ce nouveau gouvernement Fillon n’en ménage pas moins des surprises de taille après avoir été présenté comme un simple aménagement après des élections européennes gagnées par l’UMP.
Promotions express
Hormis Rachida Dati et Michel Barnier, qui quittent le gouvernement pour aller siéger au Parlement européen, le chef de l’Etat et le Premier ministre François Fillon ont gardé tous les poids lourds mais procédé à des promotions spectaculaires.
Michèle Alliot-Marie, qui remplace Rachida Dati au ministère de la Justice, devient ainsi le deuxième ministre d’Etat avec son collègue de l’Ecologie Jean-Louis Borloo.
Luc Chatel, jusqu’ici secrétaire d’Etat à l’Industrie, hérite du portefeuille de l’Education nationale tout en restant porte-parole du gouvernement.
Autre promotion express : celle de l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, Bruno Le Maire, nommé il y a à peine plus de six mois secrétaire d’Etat aux Affaires européennes et désormais ministre de l’Agriculture et de la Pêche à la place de Michel Barnier. Un portefeuille élargi à l’alimentation. Le périmètre des principaux autres ministères a également été élargi.
A six mois du sommet de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique, Jean-Louis Borloo est aussi chargé des négociations sur le climat et des technologies vertes, dont Nicolas Sarkozy espère un coup de pouce à la croissance.
Brice Hortefeux, nommé il y a seulement six mois au poste stratégique des Affaires sociales et du Travail, remplace Michèle Alliot-Marie à l’Intérieur, auquel est adjoint le portefeuille des collectivités territoriales.
Signaux inquiétants", dit le PS
En nommant ce fidèle parmi les fidèles à ce poste, Nicolas Sarkozy se prive d’un négociateur avec les syndicats mais confirme, à destination de l’électorat de droite, la priorité qu’il entend toujours accorder à la sécurité intérieure.
Fort du succès de l’UMP aux européennes et de l’émiettement de l’opposition, il a également enfoncé le clou de l’ouverture vers le centre avec une autre "prise" importante mais attendue : le sénateur Michel Mercier, trésorier du Mouvement démocratique (MoDem) de François Bayrou, nommé ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire.
Brice Hortefeux aura aussi la mission délicate de conduire avec Michel Mercier la réforme des collectivités territoriales, dont Nicolas Sarkozy attend notamment une réduction du nombre d’élus locaux et des économies substantielles.
C’est Xavier Darcos, un autre ministre de confiance de Nicolas Sarkozy, jusqu’ici chargé de l’Education nationale, qui hérite du portefeuille des Relations sociales et du Travail, élargi à la Famille et à la Solidarité.
Après avoir bataillé contre les syndicats enseignants et lycéens, il devra à la fois gérer les conséquences sociales de la crise et préparer une nouvelle réforme potentiellement explosive des retraites.
Au total, le départ de huit sortants est compensé par l’arrivée de huit nouveaux ministres et secrétaires d’Etat, dont le très atlantiste et pro-américain député UMP Pierre Lellouche (Affaires européennes) et un autre sarkozyste, le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi (Industrie).
Le Parti socialiste a accusé Nicolas Sarkozy dans un communiqué d’avoir "placé ses hommes" et donné des "signaux inquiétants de fermeture" plutôt que d’ouverture.
Reuters édité par Yves Clarisse
Commentaires
Répondre à cet article