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La charia plutôt que les droits universels ?

Quelques évènements, petits et grands, qui font redouter un recul général des principes fondamentaux relatifs aux droits humains individuels, au profit du droit communautaire inspiré de la charia.

Au Pakistan, dans les zones tribales du nord-ouest, Islamabad a concédé une sorte d’autonomie régionale légale aux Pachtounes, incontrôlables depuis belle lurette. Cette autonomie consiste principalement à déléguer le droit et la justice aux chefs tribaux et se concrétise principalement par la mise en place d’une autorité basée sur l’application de la Charia. Les conséquences sont : lapidation de femmes, châtiments corporels publics, interdiction faite à la femme de sortir seule, disparition de personnes suspectées "d’immoralité".

Autrefois, la région du Swat était considérée comme "la Suisse pakistanaise" (de la même manière que le Liban était "la Suisse du Moyen-Orient"). Cette région est devenue un enfer sous la bannière verte.

Les faits on pris une telle ampleur que les USA soupçonnent ouvertement l’ISI, les services secrets pakistanais, de soutenir les talibans. D’ailleurs, ces derniers voient leur influence grandir à travers tout le pays : ils se présentent comme les défenseurs des plus pauvres et de leurs intérêts et se prétendent les fers de lance de la résistance contre les Américains, tant détestés du peuple car considérés comme ennemis de l’islam.

En Indonésie, à l’approche des scrutins législatifs et régionaux, c’est la surenchère entre les partis "démocrates", à qui fera les propositions les plus radicales et s’inspirant le plus de la Charia. Du coup, les partis islamistes, comme le PKS (parti de la Justice et de la Prospérité) sont en nette régression, mais il n’y a pas de quoi pavoiser car la société dans son ensemble est en train de s’islamiser, se radicaliser. Des lois inspirées de la charia ont déjà été votées dans certains districts de l’archipel et l’identité indonésienne, jadis fondée sur le nationalisme, est en train de virer au vert, qui n’est pour aucun musulman couleur d’espoir mais de combat. Le discours fondamentaliste est alimenté par une injection de fonds en provenance des pays du Golfe Persique.

Les conséquences de cette islamisation sont nombreuses : le port du voile s’est répandu à tel point que Jakarta ressemble à une ville afghane ou yémenite, la polygamie tant décriée par les collectifs de femmes est redevenue de mode, insidieusement la charia s’installa dans les écoles et la vie publique, des lois liberticides ont été votées, à l’exemple de cette "loi anti-pornographique" qui se résume à interdire toute démonstration folklorique (danse, chant, etc) et à "moraliser" l’expression artistique, cinématographique, culturelle, télévisuelle, ... Bientôt la seule activité tolérée sera la lecture psalmodiée du Coran.

Au détriment des populations non musulmanes du Sulawesi et de Papouasie : les Toradja du Sulawesi (ex îles Célèbes), complètement délaissés par Jakarta, vivotent d’un peu de tourisme, mais pour combien de temps encore ? Ce qui attire les touristes chez les Toradjas : ils ont des rites et traditions funéraires uniques au monde et des maisons en bois très richement décorées, avec des façades ressemblant à des proues de navires qui s’élancent dans le vide, eux, un peuple montagnard ! Quant aux Papous, ils subissent une "tibétisation" forcée, colonisation massive qui a fait passer la population autochtone de 98 % il y un peu plus de 40 ans à moins de 50 % aujourd’hui.

Pour le district de Nanggroe Aceh Darussalam, victime en 2004 du tsunami qui a tant fait parler de lui et qui a des velléités d’indépendance, il risque au mieux de subir le sort de l’Est-Timor (Timor oriental), sauvé juste à temps de l’extermination totale par une intervention de l’ONU avant de devenir indépendant en 2004.

En Afghanistan, les faits sont connus et reconnus. Juste un petit rappel : le président Karzaï, pour essayer de se donner une légitimité populaire qu’il n’a jamais eu, a tenté de faire passer une loi légalisant en quelque sorte le "viol conjugal", l’interdiction faite à la femme de sortir sans l’accord de son mari et d’autres douceurs du même acabit. Il n’a retiré son projet que sur protestation des occidentaux, ceux-là même qui l’ont assis sur le trône du pouvoir et qui le nourrissent.

A Mayotte, les Mahonais (habitants de l’île) sont très majoritairement musulmans : 95 %. Ils viennent de choisir, librement et par référendum, d’être rattachés à la République Française en devenant un de ses départements d’Outre-mer. Fini donc le droit coutumier, fini l’omnipotence des Caïds locaux, finie la justice confiée à la juridiction des Cadis, juges et dépositaires du droit coranique qui se réfère au Livre des Croyants Zélés (Minhadj Al Talibin, ça ne s’invente pas !), terminées les références à "la chasteté et la pureté de la femme", adieu à jamais la polygamie et la répudiation, pourtant bien ancrées sur l’île, good bye les inégalités successorales hommes/femmes. En théorie, car la coutume est tenace et l’administration tricolore est longue à se mettre en branle. Tout cela est en principe terminé, malgré la grosse colère des chefaillons religieux locaux.

Ils n’ont pas été les seuls à se plaindre de manière véhémente : un autre personnage, inattendu, a essayé de pousser des cris d’orfraie, en vain. C’est le président de la République Arabe des ... Comores, voisin de Mayotte et l’un des pays les plus pauvres du monde. Cela s’est passé à Doha au Qatar, lors du dernier sommet de la Ligue arabe. Cherchez l’erreur : les populations de ces îles comoriennes et mahonaises, affiliées à la Ligue arabe, n’ont pourtant rien de commun avec les Bédouins : elles sont issues d’un métissage d’esclaves bantous et des différentes vagues d’immigration, principalement malgaches. Allez comprendre !

Donc, cet énergumène-président, du nom de Ahmed Abdallah Sambi, eut beau éructer son venin contre la France, disant entre autres que "c’est une décision dangereuse de la part de l’occupant étranger" (la France), ajoutant que "le peuple arabe a perdu un morceau de son identité et de son héritage islamique". Tout juste s’il n’a pas exhorté ses camarades ligueurs à la guerre sainte, au jihad contre la France.

Alors que son pays vit dans la misère la plus noire et une déchéance totale qui pousse ses habitants à fuir l’archipel dans des embarcations vermoulues, au risque de servir de repas aux requins très nombreux dans la région. Et vers quel Eldorado fuient-il, ces pauvres Comorais ? Vers Mayotte !

En Europe, les jeunes filles des quartiers "défavorisés" n’osent pas s’aventurer en jupe ou en robe, même longue : dans le meilleur des cas, elles risquent de se faire traiter de prostituées. Les tentatives d’atteinte à la mixité se multiplient, comme les demandes d’aménagement d’horaires des piscines ou des salles de sport. Certaines femmes refusent de serrer la main d’un homme, jeune ou vieux, même avec des gants. En France, à Vénissieux, la décision d’un bailleur, la SACOVIV, de ne pas attribuer un logement social à un couple dont la femme est vêtue d’une burka a suscité un tollé général. En France toujours, les entreprises ne savent pas comment faire pour éviter un procès à chaque refus d’embaucher une personne en djellaba, chéchia et barbe broussailleuse ou en burka afghane ou yémenite : le contact avec les clients n’est pas retenu comme motif suffisant de refus.

En Allemagne, le"burkini" a fait son apparition dans les piscines de Berlin. Ce mot bizarre est la contraction de burka et de bikini et désigne une combinaison intégrale qui ne laisse voir que les yeux. Ce qui suscite une polémique chez les Allemands, qui ont surnommé ce scaphandrier d’eau douce de "préservatif géant" et fait dire à un dirigeant de la CDU (parti démocrate-chrétien) que l’autorisation de porter cette burka aquatique allait à l’encontre de toute volonté d’intégration. C’est le moins qu’on puisse dire.

En Algérie, je n’apprend rien au lecteur : islamisation forcenée, "salafisation" et "zaouiatisation" de la société, mosquées pleines à craquer, engouement pour le pèlerinage, orientalisation des modes vestimentaires, "tibétisation" de la Kabylie, procès pour non-respect du ramadhan, "chasse aux sorcières" contre les Chrétiens, code de la Famille plus que jamais d’actualité, fermeture des commerces à l’heure des prières, débits de boissons alcoolisées qui mettent la clé sous la porte ou se convertissent en marchands de thé, etc ... Même les médecins hommes qui n’auscultent plus leurs patientes : diagnostic à distance, s’il vous plaît, douctour ! Dans un climat de paupérisation et de clochardisation qui pousse les jeunes à la harraga, au péril de leur existence.

Moralité : le nivèlement des valeurs par le bas continue, à quand le rétablissement de l’esclavage ?

abdoumenfloyd

Commentaires

3 Messages de forum

  1. l auteur ne maitrise pas le dossier de mayotte et c’est pas normal de dire des choses quand on connait pas grand chose

    Benkebaili répond :

    Si Mayotte est a 95 pour cent musulmane, je devine deja qu’est ce qui se passe. Je me demande est ce qu’il n’est pas finance par le wahabisme. Ca ne sert a rien de connaitre mayotte. C’est un pays musulman, il fonctionne comme ses pays freres musulmans. il ne peut faire mieux. S’il a choisi pour le moment la France et la laicite, ca m’etonnerait qu’il se debrouille. Car le maraboutisme a injecte sa drogue. et ca ne guerit pas. A propos Baguini, on attent a ce que tu nous donnes un apercu sur la societe Mayotte. Merci.

  2. réducteur le passage sur sambi...il a hérité d’un pays en plein chaos ...il redresse avec de forts investissements venus...des pays arabes ! (en millions) quant à son venin : ce n’est que populisme , osez travailler dans la sphère du pouvoir , vous comprendrez !

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