Politique

Arabisation les années difficiles

Les années difficiles à partir de 1988

Les émeutes d’octobre 1988 marquent un tournant dans l’histoire de l’Algérie. Elles vont donner naissance au pluralisme dans les partis politiques, dans la presse, dans les associations. Mais elles révèlent la puissance du courant islamiste en gestation depuis le début des années 80, et qui va se constituer en parti politique en 1989 : le Front islamique du salut (FIS). La victoire de ce parti aux élections législatives de décembre 1991 entraîne la démission du président Chadli, la mise en place du Haut Comité d’État (HCE), jusqu’à l’élection du président Zeroual, puis celle du président Bouteflika. Cette période est marquée par l’instabilité, puis par la guerre civile dont les effets se manifestent encore en 2000.

Les dernières années du président Chadli

Dans un climat de déliquescence du pouvoir central, le président Chadli doit composer avec le courant islamiste, qui emporte les élections communales de juin 1990, et législatives de décembre 1991. La préoccupation de ce parti, le FIS, n’est pas l’arabisation, mais l’islamisation, et il envisage l’arabisation dans cette optique. Une pression en ce sens est exercée sur les élèves et leurs parents par le biais des enseignants d’arabe, dont une partie sont des militants du FIS. Le mouvement demande la cessation de la mixité dans les écoles, un enseignement plus religieux, un lien entre l’école et la mosquée, le remplacement du français par l’anglais dans l’enseignement.

Une agitation est entretenue dans le pays à partir de deux sources. Les arabisants demandent plus d’arabisation dans l’enseignement supérieur, tandis que le Mouvement culturel berbère réclame la reconnaissance du tamazight. Le 17 novembre 1990, l’Assemblée populaire nationale adopte une loi sur la généralisation de l’utilisation de la langue arabe, rendant obligatoire l’usage de cette langue dans tous les documents écrits, sous peine de sanctions, à partir du 5 juillet 1992 : cette loi est promulguée le 16 janvier 1991. Elle entraîne d’importantes manifestations de protestations organisées par le FFS, le parti d’Aït Ahmed. Le 22 juillet 1991, le ministre des Universités annonce l’arabisation totale de l’enseignement supérieur pour la rentrée. L’annonce du recours à 1500 professeurs irakiens provoque des remous.

À suivre
Grandguillaume Gilbert, enseignant honoraire à l’EHESS. Ancien responsable de la coopération culturelle à l’ambassade de France à Alger.

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