FLN, FFS, RCD, les chiens ne font pas des chats

« L’action politique en Algérie : un bilan, une expérience et le regard du psychiatre » est un excellent ouvrage produit par le docteur Mahmoud Boudarène, qui est, à mes yeux, un rescapé du RCD. Je vous conseille fortement de lire ce livre.

Pour tout vous dire, j’ai toujours attendu de lire une pareille expertise politique. J’ai toujours dit et affirmé que nos anciens devaient arrêter d’enfiler des déguisements afin de jouer les Superman de la politique, en essayant ridiculement de nos dicter encore et encore quoi faire et comment faire, mais devaient plutôt écrire pour nous transmettre la synthèse de leur vécu. Ils doivent accepter leur fin de cycle et passer le flambeau…

Par peur d’être détrônés, les décideurs algériens ont tout fait pour stériliser le system éducatif algérien, afin d’en faire une vaste fabrique d’attardés mentaux inaptes à initier la moindre révolution. Les seuls rescapés, comme par hasard, en écrasante majorité Kabyles, ont de tout temps été diabolisés, traités de « agents à la solde Israël ». Vous l’avez bien compris, c’est le fameux syndrome de la main étrangère.

Ce qui est drôle, ironique, c’est que ces rescapés ont consciemment ou inconsciemment reproduit le même schéma dans les partis et mouvements politiques qu’ils ont fondés par la suite. Ils sont devenus l’archétype algérien.

Ils s’accrochent à leur trône comme des morpions, et ils évitent à tout prix de former leurs militants, par crainte de voir une relève. Ils tentent de tuer politiquent tout militant susceptible de les remplacer. Dès qu’ils voient un de leurs militants briller, exister par lui-même, le sang ne fait qu’un tour dans leur cerveau reptilien… ils sentent la « menace » venir, et ils s’empressent de crier sur tous les toits que ce militant est manipulé, ou qu’il est du DRS. Encore la main étrangère.

Frantz Fanon nous a laissé une bel adage qui résume la chose : « Le colonisé est un persécuté qui rêve en permanence de devenir persécuteur

Pour revenir au livre du docteur, j’ai apprécié toutes les pages, et exceptionnellement un passage :

« La discipline militante demande l’observance des règles dictées par les statuts et règlement intérieur du parti et le respect de ses objectifs fondamentaux. Par contre, les moyens pour atteindre ces derniers et le chemin à y emprunter peuvent- et doivent- être discutés et, s’il le faut, remis en cause (…) je crois fermement que la loyauté doit d’abord se manifester à l’endroit de ses propres convictions et envers des objectifs partagés. Elle ne doit être ni l’objet du chantage à la trahison, ni prise d’otage par le piège de l’allégeance des consciences ou de la soumission du militant… »

Djafar Khenane

 

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