Il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux

Aujourd’hui je vais vous parler de Forrest Gump, ce film mythique, et des leçons qu’on peut en tirer.

Forrest Gump, incarné merveilleusement par Tom Hank, c’est la fabuleuse histoire de la vie d’un homme né autiste, considéré comme simple d’esprit mais d’une grande pureté. Sa mère ne se prend pour autant pas la tête. Elle ne se lamente pas de ce que la nature a fait de son fils. Non, elle va l’aider à être comme cette plume qui se laisse porter par le vent, et que l’on voit au début et à la fin du film.

C’est Forrest lui-même qui nous raconte son histoire. Assis sur le banc d’un arrêt de bus, il se remémore les événements qui ont marqués sont incroyable vie. Il se met à les partager avec les différentes personnes qui viennent s’asseoir tour à tour à côté de lui, en attendant leur bus.

Forrest, c’est cet enfant destiné, pensait-on, à une vie des plus banales. Il est mis à l’écart, par les autres garçons, à cause de son handicap mental mais aussi physique (il porte des prothèses aux jambes pour pouvoir marcher). Il semble, néanmoins, très conscient du monde qui l’entoure. Il est bientôt tyrannisé par ces garçons. Jenny, une petite fille de son âge, prend à chaque fois sa défense. Un jour, pour échapper aux agresseurs, elle lui lance : « Cours Forrest, cours ! ». Mais il ne veut pas croire qu’il peut courir. Jenny insiste, jusqu’à ce qu’il n’entende plus que sa voix. « Cours Forrest, cours ! Cours Forrest, cours ! » Il essaie de marcher vite. Les autres garçons le poursuivent à vélo. « Cours Forrest, cours Forrest ! » sonne dans ses oreilles. Il presse le pas, va de plus en plus vite, puis soudain les armatures qu’il porte se brisent, tombent, libérant ses jambes. « Il court comme souffle le vent », et leur échappe. Cette épreuve va changer l’image que Forrest avait de lui-même. Depuis, chaque fois qu’il va quelque part il le fait en courant, pour y croire vraiment. Plus tard, même adolescent, il vit les mêmes scènes. Et toujours la voix de Jenny, présente « Cours Forrest, cours ! » Et il court, poursuivi par ces mêmes garçons, en voiture cette fois. Il arrive à courir incroyablement vite, pour leur échapper.

Forrest incarne la légèreté. Et cela le mène loin, très loin même, en plus de rencontrer l’amour, sans le chercher, en la personne de Jenny. Jugez-en :
Il devient champion de foot américain, il obtient un diplôme d’une université, il fait la guerre du Vietnam dans le corps des Marines, avec en prime une médaille d’Honneur du Congrès américain, pour avoir sauvé d’une mort certaine son lieutenant. Il est champion de ping-pong dans l’armée américaine et fait même quelques affaires qui le mettent à l’abri du besoin… Bref, il a une vie bien remplie. Et cerise sur le gâteau, Jenny lui offre un fils, Forrest junior. Mais Jenny préfère mener une autre vie, une vie d’aventures. Elle rejoint même les hippies. Elle apparaît, puis disparait, puis revient, mais Forrest continue de l’aimer, de l’accueillir toujours avec amour, sans la juger, acceptant ses choix. Mais la fois où Jenny reste plus longtemps que d’habitude à la maison, il croit qu’elle est là pour de bon. Hélas non, elle repart. Cette fois son cœur est brisé, mais il ne lui en veut pas, il est trop pur pour ça. Forrest décide alors, subitement, de courir sans but précis, sans s’arrêter. Il parcourt les Etats-Unis pendant trois ans, et rencontre plein de gens et de personnalités. Tout au long de son périple, d’autres personnes se joignent à lui, sans savoir pourquoi il court. Quant à lui, il ne se soucie guère d’eux. Toute l’Amérique découvre cet homme qui court. Les médias sont derrière cet homme qui court, court, jusqu’à devenir une sorte de guru pour les Américains. « Pourquoi tu fais ça ? Courez-vous pour les droits des femmes ? Pour la paix mondiale ? Pour l’environnement ? Pour les animaux ? » « J’ai juste envie de courir », répond-il. Forrest sème sur son parcourt les graines de la légèreté, les graines que sa mère a semé en lui. Il déclare à l’issue de sa course : « Maman disait toujours, il faut laisser le passé derrière soi, si on veut avancer. Et je crois que c’est à ça qu’a servi ma course. J’ai couru pendant trois ans, deux mois, quatorze jours et seize heures ».

Sans diminuer le mérite du fils, la mère de Forrest a été de bon conseil. Elle n’a jamais prié pour lui, elle n’a jamais demandé quoi que ce soit à Dieu. Non, elle lui a enseigné de prendre la vie comme elle vient, tout simplement. Elle lui a fait prendre conscience que son destin n’appartient qu’à lui et à personne d’autre. Même pas à Dieu. Et c’est à lui, à lui seul, de le faire. Et il l’a pris en main, son destin, Forrest, malgré ses handicaps. Il ne s’est pas réfugié dans la religion, comme le font tous les faibles pour trouver des réponses à leurs problèmes. Il n’a absolument rien attendu de Dieu, il n’a compté que sur lui-même. Ce pragmatisme, inculqué par sa maman, a fait de lui un homme doté d’une force incroyable. Il se laisse alors porter comme cette plume pour avancer, en n’écoutant que ses envies, sans jamais se poser de questions et en défiant toutes les conventions.

Quand Forrest rentre enfin à la maison, à l’issue de la course, Jenny est là. Elle l’attend avec Forrest junior, leur fils. Elle est malade, atteinte d’un virus inconnu. Elle les quitte cette fois pour l’éternité. Devant sa tombe il lui dit : « Maman disait toujours que mourir faisait partie de la vie. J’aurais tant aimé que non ».

Mustapha Berkani

1 Commentaire

  1. une belle histoire…si les hommes pouvaient s’en inspirer au lieu de s’accrocher aux dogmes des manipulateurs qui les maintiennent dans un état dépendant comme des drogués.

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