Documents historiques

Kabylie : appellation et limites territoriales

Qu’est-ce que la Kabylie ?

Qu’est-ce que cette contrée dont le nom a si souvent retenti dans la presse, comme autrefois dans nos discussions publiques ? Qu’est-ce que cette région insoumise ? Qu’est-elle au point de vue de la topographie, des habitants, (de leurs mœurs, de leur organisation sociale et politique ?) ainsi commence l’ouvrage d’Eugène Daumas publié en 1857.
Nous allons tenter de répondre à cette question à travers différents articles.
Nous commençons par celui de feu Hocine Benhamza qui nous avait confié ses textes et à qui nous avions fait la promesse de les publier.

Comme chacun le sait – où pourrait le savoir – la Kabylie se trouve en Afrique du Nord, dans le nord de l’Algérie, au bord de la rive méridionale de la mer Méditerranée, entre Le Corso, à l’est d’Alger, et El Aouana, à l’ouest de Jijel. Sa superficie s’étend sur 22.300 km² de hautes montagnes et de vallées étroites.

(l’Algérie entière couvre 2.381.741 m², Sahara compris).

A l’exception du littoral, les limites de la Kabylie sont plutôt linguistiques que naturelles. De façon sommaire, la Kabylie forme un quadrilatère borné, d’ouest en est, par les localités de l’Alma (Boudouaou), Keddara, Palestro (Lakhdaria), Bouira (Tuviret), Bordj Bou Arreridj, Taher, Kherrata et Ziama Mansoura.

Après la défaite de l’insurrection kabyle en 1871, les Français ont distingué la Grande Kabylie et la Petite Kabylie. Les adjectifs Grande et Petite sont inappropriés. Le premier désigne la plus haute en altitude (le sommet dit Lalla Khedidja y culmine à 2.308 mètres.) Le second qualifie la plus basse (son plus haut sommet, dans la chaîne des Babors, atteint 2.004 mètres) mais la plus étendue en superficie

Les arêtes de la chaîne du Djurdjura séparent La Grande Kabylie de la Petite.

La Grande Kabylie est bordée par la mer entre Boudouaou à l’ouest et Cap Sigli à l’est. Elle comprend la Haute Kabylie, la Basse Kabylie et la Kabylie maritime.
La Haute Kabylie englobe les communes de Tizi-Ouzou, Fort National [Larba Nath Iraten], Michelet [Aïn el Hammam], Azazga (Iazugene), Yakourene et Dra el Mizan.)

La Basse Kabylie est celle des plaines et des pénéplaines (Mirabeau [Draa Ben Khedda], Camp du Maréchal [Tadmaït], (Haussonvilliers) [Naciria ou Laaziv En’ Zâmoum], Bordj Menaïel et Ménerville [Tizi At Aïcha].

La Kabylie Maritime inclut Dellys [Delles], Tigzirt sur Mer [Tigzirt] et Port Gueydon [Azeffoun].)

La Petite Kabylie s’étend de Cap Sigli, à l’ouest à El Aouana (avant Djidjelli) à l’est, le long de la Méditerranée. Parmi ses villes, on peut citer Bougie (Vgayet), Aokas, Souk el Tenine, Kherrata, Sidi Aïch, Akbou, Seddouk, Bouira (Tuviret), Maillot (Mechdala), Bordj Bou Arreridj, Bougaa, Taher. Elle comprend deux massifs montagneux : les Bibans et les Babors (altitude moyenne 1.000 mètres) sur la rive droite de la Soummam.

Les frontières méridionales de la Kabylie sont imprécises. Grosso modo, on peut situer celles de la Grande à Dra el Mizan, et Palestro. Celles de la Petite se trouvent entre Bouira et Bordj Bou Arreridj.

A noter que le parti nationaliste radical (le MTLD. [1] /P.P.A. [2] ) distinguait aussi la Grande de la Petite Kabylie. Il était question du district de Kabylie pour désigner la Grande Kabylie.

Carte publiée sur le Bulletin d’octobre 1860 de la Société de géographie. Esquisse de la haute Kabylie sous la domination romaine, dressée par Henri Aucapitaine.

Hocine Benhamza

à suivre…

Notes

[1Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques.

[2Parti du peuple Algérien

Article publié pour la première fois le 24 mars 2007

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3 Replies to “Kabylie : appellation et limites territoriales

  1. Le nom Kabyles ou Kabylie n’ont jamais existé dans l’histoire pour désigner respectivement les populations de Djerdjer ou leur région. Ni les références historiques grecque, ni romaine, ni byzantine, ni arabe du grand Ibn Khaldun ou autres, ni même pas celles orales de la tribu Izwawen ou Igawawen le vrai nom des population de Djerdjer, n’ont cité ces noms. C’est un nom qui vient du mot arabe Kabyla qui signifie tribu en français , que les généraux Français leur ont donnée au lieu de l’appellation kabayel Zwawa, donnée par les autres tribus d’Algérie, pendant l’époque Turque ,aux populations de Djerdjer . Il était difficile pour eux de prononcer cette appellation « Kabayel Zwawa« , alors, l’ont contractée et modifiée à Kabyles. Je défie quiconque de prouver le contraire. Ensuite, Le mot « kabyle«  pour qualifier Izwawen, le vrai nom des populations de Djerdjer, est faux, voir ridicule, pour la simple raison que c’est un nom arabe, et non berbère, puis, il désigne un groupe social humain, comme les noms, famille, clan, communauté. Imaginez qu’on demande à quelqu’un de quelle ethnie ou région il est, il répond « familial«  ou « clanique«  ou « communautaire« . C’est aberrant, absurde et risible.

  2. – Sincèrement, j’ai du mal à admettre que la carte soit de 1860 avec ces « oued », beni… et un beau tampon rouge. Je lis en bas à droite de la carte: « HENRI AUCAPITAINE » et je ne peux que le relier au Capitaine Henri GUILLEMINOT mort en juin 1958. Les anciens m’ont souvent parlé du « camp du capitaine ».
    – La haute Kabylie sous domination romaine, je rajoute turc, alien(né) venu du ciel …
    – La ville de Mirabeau (DBK moins usité) est le lieu où les marabouts ont longtemps stationné. A l’arrivée des Français, ils l’ont transformé en Mirabeau (imghaven c’est pas facile) et de plus il y a un pont où coule assif seba-oul. Aujourd’hui le Ka ca est partout, partout.



    Parfois les promesses ça fait mal, même kabylement?

    ———
    à Bob
    Henri Aucapitaine est le nom de l’auteur de la carte, j’ai pourtant mis la date de cette carte, 1860. Il n’a rien à voir avec le « capitaine » que tu cites.
    Henri Aucapitaine est né le 4 novembre 1832 à Saint-Maurice-de-Tavernole (Charente-Maritime), mort du choléra le 25 septembre 1867 à Beni Mansour (Algérie) était un officier de l’armée d’Afrique chargé des affaires indigènes, qui a consacré une grande partie de ses travaux à l’étude de la Kabylie. Il a écrit pas mal d’ouvrages.

    1. Merci d’avoir compléter un vide de mon ignorance, je ne doute plus sur la date de 1860 de la carte. Mais quand il y a 50 ans mon village s’appelait Ath Xxxx est devenu beni xxxx , assif en oued, Ath Mansour en Beni Mansour, la résultante de mon moi a tendance à tracer une trainée de doutes. Je suis resté un enfant qui ose se questionner par défaut.

      Bonne année 2019 ? Les « gilets jaunes » font des messes sur les ronds points pour noël – prières de rues? Leur manif du 19 janvier arborait des cercueils, en hommage à ceux qui sont tombés, portent des croix et croissant. Les pestes ou choléras quelque qu’ en soit la couleur préparent un procès de la loi 1905.
      Santé?

      Bobo?

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