La mobilisation paie

Soutien à Salim Yezza

En Algérie – dont on parle finalement assez peu – la dictature des généraux impose un véritable État policier à une société qui étouffe socialement, économiquement et politiquement.

En 2019 se dérouleront les élections présidentielles qui s’annoncent déjà comme un modèle de démocratie.

C’est dans ce contexte que nous soutenons Salim Yezza, défenseur des droits de l’homme et actuellement en prison pour ses activités militantes. Il a été arrêté le 14 juillet alors qu’il repartait d’Algérie où il était retourné en éclair pour… assister à l’enterrement de son père. Pas de trêve ; l’ignominie s’ajoute donc à un déni de justice.

Salim Yezza sera jugé le 31 juillet et risque une peine de 2 ans de prison pour “incitation à la violence et incitation à la haine” parce qu’il s’était exprimé sur les violents événements de Ghardaïa survenu en 2014. Il a besoin de tout le soutien possible, en particulier des militants des droits de l’homme en France où il réside. Donc acte.

Ci-dessous la “Lettre à l’opinion publique française” du Collectif de soutien à Salim Yezza (à diffuser) :

Nous, membres du Collectif de soutien au détenu Salim Yezza, souhaitons attirer l’attention de l’opinion publique en France sur les abus d’autorité et les arrestations arbitraires commis par l’Etat algérien contre les militants des droits humains en Algérie. La dernière victime en date de ces abus d’autorité est le militant Salim Yezza, contre lequel la justice algérienne a requis, dans un procès expéditif, deux années de prison ferme.

Berbère issu de l’est algérien (Amazigh des montagnes chaouies), résidant en France depuis 2011 où il travaille et active dans des associations laïques et au collectif des Amazighs en France, militant pour le respect des droits humains dans le monde, Salim Yezza s’est rendu en Algérie le 3 juillet pour assister aux funérailles de son père qui venait de décéder suite à un accident de la route. Le 14 juillet, alors qu’il se préparait à rentrer en France, il a été arrêté à l’aéroport de Biskra en Algérie.

Cette arrestation faisait suite à un mandat d’arrêt créé de toutes pièces, le 10 juillet, par le Procureur de la ville de Ghardaïa (Algérie centre) où Salim Yezza n’a pourtant jamais mis les pieds. En plus d’être fallacieux et mensongers, les chefs d’inculpation d’incitation à la haine et à attroupement ne correspondent en rien à la personnalité de l’inculpé.

En réalité, cette arrestation intervient comme une punition suite à la prise de parole de la victime pendant les violences intercommunautaires qui ont endeuillé la ville de Ghardaïa entre 2013 et 2014. Salim Yezza avait donné son point de vue sur les plateaux de France 24 et expliqué l’origine du conflit par la sédentarisation forcée d’une population nomade au détriment d’une communauté sédentarisée dans la ville de Ghardaïa depuis des siècles.
Tout en dénonçant l’interdiction de manifester en Algérie et tout en soutenant les revendications politiques et culturelles du peuple amazigh, Salim Yezza a toujours appelé à la fraternité entre les peuples et à l’entente entre les différentes composantes de l’identité de son pays natal.

Nous ne pensions pas que notre ami et militant Salim Yezza compterait un jour parmi les victimes, de plus en plus nombreuses, des arrestations arbitraires conduites par les autorités algériennes. Celles-ci ne tolèrent plus aucune parole qui n’aille pas dans le sens du discours officiel, particulièrement à l’approche de la prochaine élection présidentielle en 2019.
À l’issue de sa première audience qui s’est tenue le 24 juillet 2018, le procureur a requis contre Salim Yezza deux ans de prison ferme et une amende significative.

Le collectif de soutien à Salim Yezza condamne fermement l’arrestation arbitraire de ce militant des droits humains et appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle. Aussi nous appelons le gouvernement français, les organisations, les personnalités publiques, les partis politiques et tous les élus en France et en Europe, à exiger le respect des droits de l’Homme en Afrique du Nord, et la libération de tous les détenus d’opinion.

Djordje Kuzmanovic, conseiller en politique internationale et défense de “La France insoumise”.

 

 

1 Commentaire

  1. “La France insoumise” se cherche des voix dans le monde du beurbeurisme, alors que beaucoup ont voté marine, formidable?

    Rappel: l’algérie est un état de droit avec un président où il y fait bon de ne pas y aller. Prenez exemple sur “notre président” exilé Kabyle qui se construit son Etat pour y aller sans passer par la case prison.

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