Société

Reportage sur le crime de Mounir Ait Menguellat

Les faits Karl Zéro

Un reportage sur le drame du fils de Lounis Ait Menguellet. Suite au meurtre pour lequel il a été condamné. l’émission de Karl Zéro est intitulée “Crime satanique à Aubervilliers”.

Ce matin du 15 janvier 2004, Christina Lopes se rend chez sa mère pour déposer sa fille. Sur le paillasson, un mot indique que Maria a dû s’absenter. La fille ne reconnaît pas l’écriture de sa mère. Quand la porte s’ouvre, c’est Mounir Aït-Menguellet qui apparaît sur le seuil. Cet ami de la septuagénaire, étudiant en anthropologie et en droit, a des griffures et des marques rouges un peu partout sur le corps.

Les enquêteurs découvrent le cadavre dénudé de la vieille dame sur son lit, un crucifix dans la main gauche, un chapelet sur les épaules, une photo du pape Paul VI sur le visage. Et il y a ces inscriptions en grec, en français et en latin sur sa peau. Les experts parlent de crime satanique. Quels sont les ressorts d’un tel drame ?

Les expertises accablent Mounir Aït Menguellet

D’EXPERTISES en contre-expertises, les indices se rejoignaient, hier, pour faire de Mounir Aït Menguellet le meurtrier de Maria de Jesus Lopes, cette septuagénaire découverte morte et mutilée, le corps portant des inscriptions religieuses, le 14 janvier 2004, dans son appartement d’Aubervilliers. Un crime dont Mounir, 32 ans aujourd’hui, s’obstine à se dire innocent. Il avait passé la soirée avec la victime, une soirée écourtée, selon lui, par les avances que lui avait faites la si pieuse retraitée. Il devait revenir le lendemain matin à 8 heures, à son invitation, pour prendre le petit déjeuner avec elle, sa fille et sa petite-fille. Entre ces deux repères pourtant, Maria de Jesus est morte de la plus terrible façon, et jusqu’alors tout accable Mounir.

Son écriture est l’un de ces indices. Hier matin, deux experts graphologues ont rappelé leur méthodique analyse, livrant des conclusions propres à balayer tous les doutes.

Ainsi ce petit mot trouvé sur le paillasson, « Bonjour mes chéris, je suis absente toute la journée, je n’ai pas pu te prévenir ». Un message qu’aurait laissé Maria à l’intention de sa fille, forcément étonnée de trouver porte close au matin.

Témoignage des graphologues

Une première graphologue, plus tard confortée par la contre-expertise, a formellement anéanti cette hypothèse : Maria n’a pas écrit ce message, ni aucun de ses proches. Entre le mot et l’écriture bouclée de Maria, ou celle de sa fille Christina, de sa propre soeur, ou même celle de son gendre détesté Carlos, pas de similitude.

Avec celle de Mounir, il y a « trois pages de concordances », comme l’a rappelé l’une des expertes, catégorique en affirmant que « le mot du paillasson a été écrit par Mounir Aït Menguellet ».

Quant aux inscriptions religieuses sur une cheville, sous un pied et sur les photos pieuses disposées sur le corps de la victime ? « L’élasticité de l’épiderme et la déformation qu’elle peut entraîner doivent rendre très prudent », ont admis les expertes, mais « il y a tout de même beaucoup de formes semblables » avec l’écriture de Mounir.

A ces expertises pourtant, hier encore Mounir Aït Menguellet opposait la négation. « Ce n’est pas moi qui ait écrit ce message, ni sur le corps de madame Lopes », a-t-il répété.

Dans l’après-midi, d’autres indices ont été évoqués par les policiers, plus scientifiques que la graphologie : ainsi des gants de cuir portant les empreintes génétiques mêlées de leur propriétaire, Mounir, mais aussi de Maria de Jesus. D’autres gants, en latex et portant également les deux ADN, mais dont l’accusé n’a jamais pu expliquer la présence dans l’appartement de Maria.

Aujourd’hui, après l’audition d’un expert en rites religieux, la cour d’assises de Bobigny tentera de mieux comprendre la personnalité de Mounir. Ses proches, et notamment son père, le chanteur et poète Kabyle Lounis Aït Menguellet, viendront témoigner.

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