Routes dans la régence d’Alger

Ce texte, qui date du XVIIIe siècle, donne une idée des routes de la régence d’Alger et des environs.

Un exprès met 10 jours pour venir de Bône à Alger ; je calcule qu’il fait 8 lieues par jour, ce qui fait 80 ou 85 lieues. Bône est le lieu le plus éloigné. Constantine est à deux journées plus à l’ouest ; il y a deux jours de plaine pour venir de Bône aux montagnes de Zewawa, et deux jours de plaine encore depuis Sebaou jusqu’à Alger, tout le reste est montagne. Il y a deux routes : celle par les montagnes de Felissa, par le rivage de la mer, est la plus courte. Il y a des exprès qui ne mettent que sept jours pour venir de Bône à Alger. Les gens du pays d’Aghwat sont très renommés pour la marche. Aghwat est dans le désert, à l’ouest de Biscara. Pour aller de Bône à Alger, il n’y a que quatre jours de route par la plaine et six jours par les montagnes. Les exprès marchent tout le jour et ils demandent le soir hospitalité ; le plus souvent ils ne trouvent que des figues sèches sans pain ni couscoussou.

Une caravane met huit jours pour se rendre d’Alger à Mascara et un courrier du gouvernement met deux jours en poste. Une caravane met dix jours pour se rendre d’Alger à Constantine, et un cavalier en poste fait ce trajet en trois jours de temps. Une caravane ne faisant guère plus de 5 lieues par jour, et le chemin d’Alger à Constantine étant fort difficile à cause des montagnes et des marais, je ne donne guère plus de 50 lieues de distance d’Alger à Constantine et d’Alger à Mascara.

Jean Michel de Venture de Paradis, Tunis et Alger au XVIIIe siècle

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