Salim Yezza délit de solidarité

Il rentrait au pays assister aux obsèques de son père, très éprouvé par ce décès. Salim Yezza a été cueilli par la police algérienne sur le chemin du retour.

Figure du mouvement populaire de Tkout, dans le massif des Aurès, en 2004, ce militant de la liberté, de la démocratie, de la justice sociale et du pluralisme culturel avait finalement été contraint à l’exil en France, en 2011, pour échapper à la répression. Il a été interpellé à Biskra, alors qu’il rentrait à Paris, sur la base d’un mandat d’arrêt daté du 10 juillet et délivré par le procureur de Ghardaïa qui demande son arrestation pour « incitation à la violence ».

Durant son bref séjour en Algérie, Salim Yezza n’a pourtant pas mis les pieds dans cette région…

Alors, que reproche-t-on à ce militant pacifiste ? Il avait publiquement exprimé sa solidarité avec la communauté mozabite, en 2014 et 2015, au moment où le pouvoir algérien soufflait sur les braises de violences communautaires meurtrières dans la région de Ghardaïa. Il a participé activement à la campagne pour la libération du docteur Kamel Eddine Fekhar, un médecin, défenseur des droits humains, ancien militant du Front des forces socialistes (FFS) emprisonné durant deux ans à la suite de ces événements.

Sans relâche, Salim Yezza s’élève contre l’arbitraire et la répression qui continue de frapper les militants d’une autre Algérie. Il est à son tour pris dans les filets d’un système prompt à bâillonner, à quelques mois d’une élection présidentielle opaque et verrouillée, toute voix de dissidence.

ROSA MOUSSAOUI

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