Vérités sur l’Algérie

Les indigènes supportent de lourdes charges

« Les intérêts des indigènes qui ne votent pas, mais qui payent, qui supportent même de lourdes charges, sont malheureusement sacrifiés aux intérêts de quelques douzaines d’électeurs qui, s’ils ont le droit de vote, jouissent en revanche du privilège de ne pas payer grand-chose… Les communes de plein exercice comprennent souvent 4, 5, 6, 10 et 20.000 indigènes, et les conseils municipaux appelés à gérer les intérêts de la collectivité, à disposer librement de ses ressources, sont élus par vingt, trente, quarante, rarement cent électeurs.
Comment s’étonner que pour les assemblées locales de la colonie — car je dois le dire, c’est mon devoir, — l’indigène soit, non pas l’ennemi — on ne le maltraite pas, — mais qu’il soit considéré comme un être inférieur et qu’on le néglige?

« On ne fait rien ? ou presque rien pour lui. La vérité est que les préoccupations électorales, les nécessités de la politique locale assiègent, dominent les conseils généraux et les conseils municipaux, et, dans le tumulte des intérêts, des passions et des convoitises, le gouverneur général et ses délégués, organes de la pensée française, arbitres naturels, nécessaires, du conflit qui met fatalement aux prises la colonisation européenne avec les droits et les exigences de la race vaincue, le gouverneur général et ses délégués sont impuissants trop souvent à faire prévaloir les exigences de l’intérêt général, les vues de la politique nationale, l’idée de justice et d’humanité, idée maîtresse de notre colonisation.

Et, messieurs, ceci est grave. Sans doute les colons sont guidés par des préoccupations légitimes, respectables; mais leur horizon est forcément borné, et remettre entre les mains de leurs élus le sort des 3.500.000 indigènes qui peuplent l’Algérie, c’est exposer ces derniers à des dénis de justice, à une sorte d’exploitation, je dois dire le mot, qui pour s’abriter derrière des textes de loi n’en est pas moins profondément immorale et de nature à retarder, sinon à compromettre l’expansion de notre influence… »

M. JONNART, Gouverneur général de l’Algérie, discours du 6 février 1893, à la Chambre des députés. Publié sur La vérité sur l’Algérie de Jean Hess édité en 1905.

 

1 Commentaire

  1. – Voilà qu’un gouverneur vient se plaindre dans une assemblée du cap à suivre. C’est comme si le président actuel se rendait à Bruxelles et se plaindrait d’être obligé de faire les poches à ses retraités indigènes. Le Brexit semble un acte mineur, pourtant la décolonisation de l’€urope aura lieu, à défaut d’avoir construit une Europe des Nations.
    – Ici, à l’age où ma grand mère n’était q’une gamine, il est question d’Indigènes comme citoyens. Les arabes, les musulmans ou toutes autres déclinaisons de ces contrées lointaines étaient ignorées par défaut d’or noir. Aujourd’hui, “OPEP” a pris de la valeur et a induit une religion rendant ma citoyenneté caduque en me noyant dans ses cinq million de pseudo musulmans. L’inscription au fronton des mairies n’est plus qu’une épitaphe en un siècle de temps. Je ne parle pas du pape qui amplifie.

    Bravo les gouverneurs, le moins pire est toujours derrière nous?

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