Voyage de Napoléon III en Kabylie

J’ai en ma possession des journaux du XIXe siècle qui rapportent différentes informations sur l’Algérie ainsi que sur la Kabylie. Articles illustrés de gravures. On ne saurait attribuer aux gravures de ces périodiques une précision sans défaut. Cependant, leur intérêt documentaire apparaît évident. C’est un journaliste spécialisé qui, sur place, exécute des croquis. Il les envoie à sa rédaction. Celle-ci en opère une sélection, et la remet à un dessinateur professionnel. Ainsi, les illustrations du Monde Illustré donnent une idée assez exacte des lieux et surtout de l’atmosphère dans laquelle se déroula le voyage de Napoléon III en Kabylie.
Les différentes batailles y sont rapportées et ce même lorsque des atrocités ont été commises.

Je vais certainement publier quelques articles tirés de ces journaux au rythme d’un par semaine. En voici un.

Le 23 au matin, à six heures, Sa Majesté, accompagnée du maréchal de Mac-Mahon, du général Fleury, du général Castelnau, du colonel Reille et des officiers de sa Maison, auxquels était joint M. Urbain, conseiller rapporteur du gouvernement, qui sert d’interprète à l’Empereur pendant son voyage, Sa Majesté prit la route de Fort-Napoléon. […]

A quatre heures moins le quart, Sa Majesté arrivait à Tizi-Ouzou, poste militaire situé au milieu d’un pays extrêmement fertile qui domine le cours du Sebaou qui arrose toute la vallée.

A partir de ce point, on entre réellement dans la grande Kabylie, et il faudrait une plume de poète pour décrire ce pays accidenté, aux sites imprévus, que l’on ne saurait mieux comparer qu’à la Suisse dans ses parties les plus pittoresques. Cette portion de la Kabylie, dont la population est aussi dense que celle des contrées les plus peuplées de l’Europe, est certainement un des plus beaux pays du monde. Il n’y a pas un pouce de terrain qui soit perdu, et partout où la main de l’homme peut atteindre le pays est admirablement cultivé.

Le Kabyle conquiert toujours sur le rocher, et depuis des siècles un travail gigantesque s’opère : aussitôt qu’une plate-forme se révèle au cultivateur berbère, vous le voyez y établir, à force de bras, une couche de terre, et quelques années après, si vous repassez à côté de la roche dénudée, vous y trouvez un jardin d’oliviers ou de figuiers suspendu aux flancs de la montagne comme un nid d’aigle.

Souvent, pour aller à son champ aérien, le Kabyle est obligé de se faire amarrer et descendre le long des aspérités aiguës d’un précipice. Les montagnards kabyles sont les plus laborieux d’entre tous les Algériens. Excellents soldats, non moins qu’artisans infatigables, ouvriers et agriculteurs, ils fourniront l’Algérie de colons précieux, et c’est déjà par milliers qu’ils viennent dans les plaines et les villes offrir le concours très-apprécié de leurs bras et de leur intelligence.

 

1 Commentaire

  1. Voilà comme on nous voyait de par “Le Monde”:le Kabyle. Aujourd’hui, c’est le berbère, l’amazigh ou toute autres identités qui masquent nos hautes valeurs.
    Le cours Seba-oul irriguait toute la raison d’être du kabyle et son existence. Aujourd’hui, son lit est détruit, sa raison a disparu en Oued Sebaou.
    Le journaliste ne mentionne pas qu’on est des arabes d’où provient cette rumeur, des kabyles?

    Kabylement encore boire à ya Madame.

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