26 septembre 2020

Agression Khaled Akcout

Chargé d’un projet de radio dans la wilaya de Tizi Ouzou, le journaliste Khaled Akchout a été agressé physiquement mercredi 11 mai sur son lieu de travail par deux hommes. L’agression s’est déroulée dans le bureau provisoire qu’occupe Khaled au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri, sous les yeux « de cinq agents de sécurité’ qui n’ont pas bronché. Atteinte d’un traumatisme cervical, la victime a déposé plainte contre ses agresseurs et dénonce la « non assistance à personne en danger. » DNA a recueilli son témoignage.

Il est presque 10 heures ce mercredi 11 mai et le journaliste Khaled Akchout se trouve dans son bureau provisoire au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri au centre de la ville. « Deux hommes, habitant un quartier dit ’Million’ limitrophe au siège de la radio et celui de la maison de la culture, se sont présentés dans mon bureau pour demander du travail, comme agent de sécurité ou chauffeur. Je leur explique que le recrutement n’a pas encore démarré et que la radio est toujours en chantier », raconte M. Akchout.

Les deux hommes, qui ne sont pas à leur première « visite », reviennent à la charge. « Ils insistent sur le fait que les habitants de la Cité ‘’Million’’ sont prioritaires pour les postes emploi au niveau de la future radio », se souvient notre interlocuteur.

Khaled tente une autre explication pour les convaincre. « Je leur explique encore que la radio ne recrute pas selon des quotas de quartiers », dit-il. Visiblement, non satisfaits, les visiteurs quittent les lieux.

Pas pour longtemps. Une demi-heure s’écoule. Les deux jeunes, munis d’armes blanches et d’une bombe lacrymogène, déboulent dans le bureau du journaliste. « On est dans le couloir. Ils commencent à proférer des insultes et menacent d’incendier la radio et de m’empêcher d’y accéder »

La situation dégénère vite. Les assaillants passent à l’acte. « Ils m’agressent physiquement. Je reçois des coups de pieds en plein poitrine. L’un deux tente même de m’assener un coup de couteau », confie cet ancien directeur de radio Soummam.

Fait intriguant, l’agression a lieu sans que les agents de sécurité de la maison de la culture ne réagissent. « Il y a cinq agents de sécurité au niveau à la maison de la culture. Ils les ont laissé faire. On dirait qu’il y a eu complicité. Je n’ai rien compris », peste le journaliste, en s’interrogeant sur l’impassibilité des agents. « Pourquoi les agents de la maison de la Culture que préside Ould Ali El-Hadi n’ont pas intervenu ? »

Pour Khaled Akchout, ceci porte un nom : « non assistance à personne en danger ».

Un médecin légiste qui a diagnostiqué « un traumatisme cervical » lui a prescrit un arrêt de travail de 15 jours. Le journaliste a déposé plainte auprès des services de sécurité qui ont ouvert une enquête.

« Il faut que cela cesse. C’est intolérable qu’on en arrive à ce stade de dérapages », s’offusque-t-il.

Dans un communiqué rendu public jeudi 12 mai, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) algérien dénonce une « lâche agression » contre Khaled Akchout sur son lieu de travail, « sans qu’aucun des agents de sécurité de l’établissement en question n’ait daigné intervenir. »

Le SNJ appelle les autorités à intervenir contre les agresseurs et à assurer la sécurité du journaliste et de ses proches.

Propos recueillis par Sabrina Boubekeur – Dernières nouvelles d’Algérie mardi 24 mai 2011

 

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