Conflit arabo-israélien : Raisons de l’échec du processus de paix

En janvier 2000, le Premier ministre israélien Ehud Barak et le ministre des Affaires étrangères syrien Farouk al-Shara étaient réunis par l’Administration Clinton à Shepherdstown (Virginie occidentale) aux États-Unis pour négocier un accord de paix entre les deux pays. Sans le vouloir, les deux hommes se retrouvèrent au même moment dans la salle de gym de l’hôtel où se déroulaient les négociations. Tous deux faisaient leur jogging sur un tapis roulant, et Barak ne put s’empêcher de faire la remarque à al-Shara :

« Ces tapis roulants, c’est comme le processus de paix. On court, on court, mais on reste sur place. »

C’est une bonne allégorie. Cela fait maintenant plus de seize ans qu’Israël négocie avec l’OLP, et ce que l’on appelle communément le “processus de paix” ressemble à un processus sans fin.

On entend souvent dire, aussi bien en Europe qu’en Israël, que tout le monde sait quels sont les paramètres du futur accord de paix entre Israël et les Palestiniens : l’établissement d’un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza et de la Judée-Samarie (ou Cisjordanie), le partage de Jérusalem, et la renonciation palestinienne au droit au retour avec cependant l’acceptation par Israël d’un nombre symbolique de réfugiés palestiniens.

Si tel est le cas, comment se fait-il que les Palestiniens aient rejeté cette solution à trois reprises ?

– À Camp David, en juillet 2000, Ehud Barak accepta l’établissement d’un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza, sur 91% de la Judée-Samarie, le partage de Jérusalem, et un fonds de compensation pour les réfugiés palestiniens. Arafat rejeta l’offre sans faire de contre-proposition.
– En décembre 2000, le président Clinton soumit à Israël et aux Palestiniens une plan de paix prévoyant l’établissement d’un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza et sur 95% de la Judée-Samarie avec une compensation territoriale israélienne, la division de la vieille ville de Jérusalem avec une souveraineté palestinienne sur le Mont du Temple, et la renonciation palestinienne au “droit au retour.” Le “Plan Clinton” fut accepté par le gouvernement israélien et rejeté par l’Autorité palestinienne.
– En novembre 2008, le Premier ministre israélien Ehud Olmert proposa à Mahmoud Abbas l’établissement d’un État palestinien sur la totalité de la Bande de Gaza, sur 97% de la Judée-Samarie avec une compensation territoriale israélienne de 3%, l’internationalisation de Jérusalem, et l’acceptation par Israël d’un millier de réfugiés palestiniens. Mahmoud Abbas rejeta l’offre. Non seulement il la rejeta, mais il déclara au Washington Post en mai 2009 que la proposition d’Éhud Olmert montre à quel point le fossé entre Israël et les Palestiniens reste “énorme.”

Le fossé est “énorme” entre la position palestinienne et entre ce que tout le monde dit être la solution au conflit. Et l’énormité de ce fossé est due au refus palestinien d’abandonner le soi-disant “droit au retour” qui mettrait fin à l’existence d’Israël comme Etat nation du peuple juif. Ce qui me mène à mon deuxième point.

Par Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques à l’Université de Tel Aviv

A suivre…

par Albert Soued ⋅ mercredi 3 février 2010

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