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Des lycées de banlieue sous “emprise communautaire”

À l’automne, l’écrivain et poète syrien Omar Youssef Souleimane a animé dans plusieurs collèges et lycées de banlieue parisienne des ateliers d’écriture, organisés en collaboration avec le théâtre Montansier de Versailles et la préfecture des Yvelines. C’est dans ce cadre qu’il a rencontré une classe de terminale du professeur de philosophie Didier Lemaire au lycée La-Plaine-de-Neauphle, à Trappes.

Il s’est étonné de retrouver, en France, « le radicalisme islamique » de son adolescence. L’écrivain, qui a grandi en Arabie Saoudite dans la gloire d’al-Qaida dans sa jeunesse, « adhérait au discours d’Oussama ben Laden et à l’idéologie d’Al-Qaïda » au point de vouloir « faire un attentat pour aller au paradis », n’avait « jamais imaginé qu’un jour, il retrouverait la radicalisation islamiste » en France. 

Depuis qu’il a osé dire que la ville de Trappes (Yvelines) était « tombée aux mains d’islamistes », Didier Lemaire, professeur de philosophie dans un lycée de la commune vit un calvaire. Menacé de mort, il a été placé sous protection policière et va quitter l’Éducation nationale. Pour L’Express, l’écrivain Omar Youssef Souleimane, qui a animé un atelier fin 2020 à Trappes en compagnie de Didier Lemaire, revient sur ces accusations qu’il confirme. Ce Syrien, qui fut salafiste dans sa jeunesse avant de « sortir de cette radicalisation » et de se réfugier en France, assure même que ce phénomène de séparatisme est présent dans de nombreux établissements scolaires de banlieue parisienne. 

« Ce n’est pas notre fête, nous sommes des musulmans »

L’écrivain raconte notamment une scène qui l’a marqué, lors d’un atelier d’écriture animé fin 2020 avec Didier Lemaire dans un lycée de Trappes. Alors qu’il demandait aux élèves qui parmi eux allait fêter Noël ou la Saint-Sylvestre, la réponse fut unanime : personne. « Ce n’est pas notre fête, nous sommes des musulmans », a-t-il entendu en guise de justification. « Ces élèves se sentent différents, d’une autre religion inconciliable avec la France », juge-t-il. Lors de ce même atelier, Omar Youssef Souleimane a d’ailleurs remarqué « une phrase calligraphiée en arabe, accrochée au mur ». « Il s’agissait d’une prière, dans un lycée républicain », révèle-t-il. 

Mais cette « emprise communautaire » dénoncée publiquement par Didier Lemaire, l’écrivain syrien

« ne l’a pas seulement constatée dans ce lycée de Trappes, mais aussi dans plusieurs villes de la banlieue parisienne ».

Il témoigne ainsi d’une discussion avec une jeune fille, dans un autre établissement, au cours de laquelle son interlocutrice lui a assuré que « tous les djihadistes ne sont pas méchants ».

Source : Valeurs actuelles

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