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Écoles coraniques

L’histoire de l’islam, qui se confond à celle d’un corps expéditionnaire militaire, est marquée, dès ses origines, par la violence, des assassinats, des guerres et autres exactions en tous genres entre ses différentes tendances, califes, imams et autres. C’est comme si, dans la chrétienté, on assistait à des meurtres entre différents apôtres et disciples du Christ, juste après sa mort ; chez les sikhs, à des assassinats entre les différents Gurus qui ont marqué cette religion, ou à des tueries entre les lamas et moines qui ont perpétué l’œuvre du Bouddha, chez les bouddhistes.

C’est bien au nom des principes de l’islam qu’Othmân fut assassiné, seulement vingt-quatre ans après le décès de Mahomet. Les quatre premiers califes (les « califes bien guidés », –Khoulafâ ar-Rachidoûn) sont tous morts assassinés par d’autres musulmans, à l’exception d’Abou Bakr qui ne fit qu’à peine deux ans de règne. Ensuite, six des treize califes, dont les règnes couvrent la période de 847 à 945, ont tous été tués après avoir été torturés, toujours par des musulmans comme eux. Deux autres furent mutilés et destitués par la force.
Tout cela démontre, une fois de plus, que la guerre et les effusions de sang font partie intégrante de la civilisation et de la culture de l’islam, et cela dès ses origines. Dans l’islam,

« celui qui n’est pas avec moi est contre moi ».

Toute personne n’étant pas du même bord ou ne partageant pas les mêmes conceptions religieuses est considérée comme apostat par ceux appartenant à une autre branche. Le sang de l’« apostat » est « licite » ; dès lors, le tuer devient un devoir divin. Conception qui trouve sa justification dans la vie du prophète de l’islam et les textes sacrés de cette croyance : « Si deux partis de croyants se combattent, rétablissez entre eux la concorde ! Si l’un d’eux persiste en sa rébellion, contre l’autre, combattez le parti qui est rebelle jusqu’à ce qu’il s’incline devant Dieu ! » (Coran 49/9).

Les sunnites, les partisans de la Sunna et de l’union (ahl al Sunna wa al jamâ’a), sont actuellement majoritaires dans le monde islamique (environ 85% des musulmans dans le monde), et se veulent les représentants d’un islam qu’ils qualifient d’authentique. Pour compléter l’enseignement du Coran, ils accordent une très grande importance à la tradition islamique, la Sunna, à laquelle ils ont constamment recours.

Du sunnisme, par l’élaboration des jurisconsultes, émergèrent, dès le règne du calife abbasside Harûn al Rachid (766-809), quatre écoles juridico-religieuses, dont l’influence reste toujours vivace. Les dispositions du Coran n’étant pas toujours très claires et pouvant s’avérer contradictoires, son commentaire (tafsîr) permet de préciser le sens de certains versets. Le tafsîr permet de dégager le principe (açlouçoûl– racines) de certaines dispositions, pour ensuite en déduire des conséquences adaptées. Le commentaire le plus important est celui de ibn Jarîr Al-Tabarî (838-923). Principales références du droit islamique (al-fiqh) ces quatre écoles sont :

École hanéfite :

Créée par l’imâm Abou Hanifa (696-767), théoricien de l’opinion personnelle. Cette école privilégie les raisonnements par la démonstration et procède à un choix rigoureux des hadiths. C’est la favorite des musulmans non arabes. Elle fut surtout répandue par les Turcs et est particulièrement présente aujourd’hui en Jordanie, Turquie, Syrie, Afghanistan, Pakistan, Inde, Chine, dans les pays musulmans de l’ex-URSS. En principe, elle accepte, en dehors du Coran et de la Sunna, les règles de droit issues de l’effort de recherche personnelle (ijtihad), du raisonnement personnel (rây), et de la recherche de l’équité (istihsân). Exemple : l’école hanéfite n’oblige pas l’amputation du membre du voleur dans le cas où la porte de la maison dans laquelle ce dernier a commis son forfait avait été laissée ouverte.

École malékite :

Fondée par l’imâm Malik ibn Anas (710-795), elle fait confiance aux docteurs de la loi (ijma’- consensus des oulémas), qui procèdent par un raisonnement par analogie. Lorsqu’il y’a un vide coranique pour statuer sur un problème, elle s’appuie plus sur la tradition et la coutume de Médine, plus intransigeante et plus récente, que sur celle de la Mecque. Elle privilégie aussi les traditions orales aux hadiths, accorde une grande importance aux coutumes locales. Elle est très présente dans toute l’Afrique musulmane.

École chaféite :

Initiée par l’imâm Al-Chafi’i (767-820), ancien étudiant de Mâlik, cette école qui rejette le jugement personnel (rây), accorde une large place aux règles juridiques, avec une méthode inspirée de la logique grecque, le raisonnement par l’analogie ou le bon sens (qiyâs) provenant d’un consensus de l’ensemble de la communauté. Cette école adopta un mode précis de raisonnement juridique, issu de l’ijma’, qui procède par étapes :
1)- Face à un problème, il faut, dans un premier temps, le confronter au Coran ;
2)- S’il y’a des doutes, le confronter aux hadiths ;
3)- Si le doute subsiste, le confronter aux consensus des ouléma ;
4)- Si le doute persiste encore, procéder au raisonnement par analogie.
Cette école est très présente en Basse Égypte, en Afrique orientale et australe, en Palestine, en Syrie, en Arabie du Sud (Yémen), et dans presque toute l’Asie du Sud-est.

École hanbalite :

Fondée par l’imam Ahmed ibn Hanbal, (780-855), et autrefois répandu en Syrie ainsi qu’en Irak, elle se veut la plus rigoriste, exige une fidélité absolue aux textes coraniques et à la tradition de Mahomet, dont elle pratique une interprétation littérale, tout en rejetant violemment la moindre innovation dans la lecture, l’interprétation et l’application des injonctions intransigeantes contenues dans ces textes. Pour les hanbalites, les textes se commentent par eux-mêmes à travers le principe explicatif qu’ils détiennent. Raison pour laquelle on doit obligatoirement se tenir à leurs strictes lettres.
Cette école est violemment opposée à l’école chaféite, à qui elle reproche l’introduction du raisonnement humain dans l’interprétation des textes « inspirés » (« divins »), et qui permet de faire de ce raisonnement une source de droit islamique (al-fiqh). Elle exècre le chiisme, la philosophie, la poésie, la musique dite profane, les représentations imagées et théâtrales.

Remise à jour par le grand ouléma du XIVe siècle Ibn Taïmiyya, elle influença notamment Ibn Abd al-Wahhad (fondateur du wahhabisme en vigueur en Arabie Saoudite) et tous les mouvements « extrémistes » de l’islam. C’est l’école officielle du royaume d’Arabie Saoudite et de l’Emirat du Qatar.

Représentant seulement environ 13% des musulmans dans le monde, les chiites sont, de leur côté, structurés par un clergé hiérarchisé, formé de mollahs. Ils s’acquittent directement de la zakat, l’aumône, qui assure l’indépendance de ce clergé.

Majoritaires en Iran, en Irak, dans le sultanat de Bahreïn (60%), au Liban et au Yémen, les chiites, estiment que l’autorité de Mahomet a été transmise, dans toute sa plénitude, à Ali puis à sa descendance. L’imamat est une représentation emblématique de ce mouvement qui possède un clergé de mollahs, dont la haute hiérarchie des moujahidines joue le rôle d’intercesseurs entre Allah et les hommes, et est habilitée à prendre des décisions théologiques canoniques (ce qui n’est pas le cas chez les oulémas sunnites).

Le chiisme s’enracina fortement en Perse. Des antagonismes ne tardèrent pas à se faire jour au sein de cette nouvelle communauté. En 765, consécutivement à la mort du sixième imam, Jaafar al Saâdiq, une crise de succession, entre ses deux fils, Ismaël et Moussa al Kaazim, entraîna sa première grande scission, formant deux nouvelles mouvances l’une, le chiisme duodécimain, religion d’Etat en Iran depuis le XVIe siècle, et l’autre, plus fondamentaliste et sécrète, les ismaéliens. À la fin du XIe siècle, une autre crise entraîna une scission au sein de la secte des ismaéliens, formant d’un côté les moustaliens et, de l’autre, les nizârites.

De nos jours, ces différentes branches du chiisme se répartissent comme suit :
Les imâmites ou chiites duodécimains représenteraient 90% des chiites au monde et pensent que l’imamat alla du sixième imam, Jaafar al Saâdiq, à l’un de ses fils, Moussa al Kaazim, septième imam. Puis aux descendants de ce dernier jusqu’au douzième imam qui disparu.
Les duodécimains forment 96% de la population en Iran, où il est la religion d’État depuis 1501. Ils constituent environ 57% de la population en Irak, et 32% au Liban. Leur rigorisme doctrinal est connu.

Le messianisme est un thème central du chiisme duodécimain. En effet, les duodécimains croient à « l’imam caché », Mohammed al Mahdi, douzième imam, fils du onzième, Hassan al Askari. Descendant d’Ali, Mohammed al Mahdi a disparu en 874, à l’âge de sept ans, au nord de Bagdad. Les duodécimains affirment qu’il a été occulté, et qu’il vit toujours . Durant cette « occultation », le monde est plein de ténèbres et d’injustices. Il reviendra à la fin des temps, pour réparer toutes ces injustices, faire régner la lumière et établir la justice la terre, pendant 1000 ans. Mais selon ces chiites, le Mahdi (l’homme « guidé » par Dieu) continue à gouverner, en s’incarnant dans des imams en vie.

Le monde n’étant que désordre et iniquité, tout pouvoir qui en découle ne peut être que mauvais. L’« imam caché » étant absent, il ne saurait être question d’une révolte active, sur terre, contre le régime clérical en place. Les chiites duodécimains attendent alors le retour de ce Mahdi en s’organisant autour de leur hiérarchie cléricale qui in-tercède entre les fidèles et Dieu. Cette hiérarchie est la seule institution autorisée à interpréter les textes sacrés et leur indépendance est garantie par le versement de la zakat, l’aumône, dont chaque fidèle s’acquitte de façon directe.

Les imâmites sont détenteurs d’une école juridique comparable aux principales écoles sunnites : c’est l’école jaafarite, du nom du sixième imam, Jaafar al Saâdiq, dont ils descendent et fondent leur doctrine sur la Tradition transmise par ce dernier.
Les ismaéliens ou septimains (sab‘ïa) ne reconnaissent que sept imams d’une liste qui s’arrête à l’imam Ismaël, un autre des fils du sixième imam, Jaafar al Saâdiq.

Selon la tradition ismaélienne, les sept grands prophètes qui, dans l’ordre, sont : Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus, Mahomet et Mohammed, fils du septième imam, Ismaël, sont suivis chacun par sept imams. Mahomet est suivi par l’imam Ali et d’une lignée de six imams successeurs jusqu’à l’imam Ismaël. Le fils d’Ismaël, Mohammed, ouvre le septième cycle prophétique et est suivi d’imams qui sont précisément les fatimides (se réclament de la descendance de Fatima, fille de Mahomet et femme d’Ali).

Parmi les chiites ismaéliens, on a : les nosaïris, encore appelés alaouites (alawiya, « partisans d’Ali »), présents en Syrie et actuellement au pouvoir avec Bashar el-Assad ; ils représentent environ 12% de la population de ce pays. Les nizârites (partisans de Nizar, mort assassiné) sont estimés à environ quinze millions, à travers le monde. Ils sont présents en Inde musulmane (où ils sont appelés khodjas), leur chef, l’Aga Khan, est reconnu par tous les nizârites comme le 49e imam. Ils existent en minorité dans les montagnes Syriennes, depuis le XIIe siècle, sont également présents au Pakistan, en Iran, à Oman, au Yémen, en Afrique orientale et du sud, et ont une diaspora en Europe et aux Etats-Unis. Les moustaliens (partisans de Moustali, frère rival et successeur de Nizar) sont principalement présents au Yémen et en Inde. On trouve aussi des ismaéliens au Sri Lanka (Ceylan) et en Birmanie.

Les ismaéliens sont les descendants de la secte des hachîchiyyîn (« assassins » – fumeurs de haschisch) et les druzes (de l’arabe daraziya) appartiennent à leur branche la plus austère.

Les druzes apparaissent au début du XIe siècle sous la dynastie fatimide (909-1171) d’Égypte, leur fondateur, le calife al-Hakim bi-amrillâh (985-1021), accéda au trône à l’âge de douze ans. A quinze ans, il fit assassiner son tuteur et entama un règne marqué par une extrême violence. Comme son père, al Aziz, à qui il avait succédé, il tenta de remplacer les fonctionnaires juifs et chrétiens dans les administrations, par des fonctionnaires musulmans pas toujours assez qualifiés pour occuper certains postes. Il massacra des chrétiens et des juifs, dont certains furent obligés de se convertir à l’islam pour échapper à ces massacres. Il imposa à tous les non-musulmans des lois restrictives les obligeant à porter des signes distinctifs et des nouveaux interdits alimentaires, tels la consommation des crustacés et du poisson sans écailles, qui vinrent s’ajouter à celui fort bien ancien du porc. Il bannit la vente et la consommation d’alcool à toutes les communautés religieuses ; les chrétiens étaient ainsi interdits de célébrer l’eucharistie avec du vin. Il interdit la danse et la musique, obligea les femmes à rester confinées dans leurs maisons, fit détruire et piller de nombreuses synagogues, églises et couvents dont, les biens furent confisqués et servirent, plus tard, à doter des mosquées et financer des fondations musulmanes. On estime à plus de 30.000 édifices religieux non-musulmans qui seront détruits sous son règne. Puis, quelques temps avant sa disparition, il connut un étrange et brusque changement de comportement, qui l’amena à autoriser certains coptes, convertis de force à l’islam, à revenir à leur religion d’origine. Revirement qui amena plusieurs observateurs à s’interroger sur l’état mental de ce calife. En 1020, sous la demande pressante de l’abbé Salomon du monastère Sainte-Catherine, au Mont Sinaï, il fit reconstruire quelques églises et couvents, tout en se rapprochant des autorités chrétiennes, avant de disparaître, en 1021, sans laisser de trace. Al-Hakim avait prétendu être une incarnation divine, concept repris par certains de ses sujets, parmi lesquels l’un de ses vizirs, Mohammed al-Darazi, de qui cette communauté tire son appellation.
Mystique, ésotérique et sécrète, la secte des druzes est assez éloignée de l’islam classique sur bien des points doctrinaux. Professant une foi musulmane qualifiée d’hétérodoxe, les druzes croient à la réincarnation et attendent le retour de leur seigneur, le calife al-Hakim, qui reviendra rétablir l’ordre et la justice sur la terre. Hermétiques, ils interdisent tout mariage avec les non-druzes, et ont remplacé les cinq piliers de l’islam par sept commandements essentiels, destinés à renforcer leur communauté. Considérés comme hérétiques par la plupart des autres musulmans, ils sont, de nos jours, présents au Liban (155 000 ?) en Syrie (120 000), en Israël (80 000) où ils ont intégré l’État d’Israël et vénèrent le tombeau de celui qu’ils considèrent comme l’un de leur prophète, le beau-père de Moïse, Jéthro ; tombeau situé près de Tibériade. On compte également une importante communauté druze aux Etats-Unis.
Les zaydites admettent comme fondateur le quatrième imam, Ali Zayn al‘Abidîn, petit fils d’Al Hussein et arrière-petit-fils d’Ali.

Ali Zayn al‘Abidîn eut pour fils Zayd ben Ali, cinquième imam, qui fut assassiné à Koufa, en 740, lors d’un soulèvement contre les forces Omeyyades. Le fils de Zayd ben Ali, Yahya, fut également tué à son tour au nord-est de l’Iran, trois ans après la mort de son père.
Ce sont les zaydites qui ont fondé l’État du Yémen en 898 ; ils y sont toujours majoritaires et restent quasi-absents dans d’autres pays. Cette branche du chiisme reste néanmoins moins éloignée du sunnisme que les autres branches avec lesquelles elle ne partage pas la doctrine de l’imam caché, ni le rituel de l’Achoura.

Le dolorisme chiite, qui est la commémoration du martyr du petit fils de Mahomet, Hussein, fils d’Ali, par la célébration de l’achoura, constitue l’une des manifestations les plus spectaculaires de ce courant de l’islam. Les chiites, qui se reprochent de n’avoir pas assez fait pour défendre le courageux Hussein (qui dut revenir se battre sans espoir de vaincre, après une première défaite) et, par la même occasion, n’avoir pu empêcher son assassinat par les forces Omeyyades, en signe de pénitence, se frappent les mains sur leur poitrine, s’auto-flagellent et s’auto-mutilent lors de cette commémoration de l’achoura. Le but étant que le péché dû à ce manquement grave leur soit expié à travers la coulée sanguine provenant de ce rituel sensé les purifier.

Ce qui frappe en premier chef tout observateur lors de ce rituel d’exaltation, c’est la violence de ce cérémonial qui constitue une véritable mise en scène sanglante de dévotion à Hussein, accompagnée de chants religieux visant à prôner le culte du martyr.

Pour les sunnites, le calife doit être élu parmi les membres de la tribu de Quraych, celle de Mahomet, d’où sont issus les trois premiers califes. Pour les chiites, le calife ne peut-être qu’exclusivement un membre de la famille de Mahomet, celle des Banû Hâchim, en raison de la désignation qu’aurait faite Mahomet à son cousin Ali d’exercer le pouvoir après lui. La plupart des musulmans, originaires d’Orient et même du Maghreb, éprouvent généralement un malaise à faire leur prière dans une mosquée dirigée par un imam noir (or le titre d’imam n’a rien à voir avec celui de calife) car les noirs ne descendent ni de la famille ni de la tribu de Mahomet, mais sont plutôt considérés comme des esclaves ou des descendants d’esclaves, donc appartenant à un autre peuple. C’est aussi ce qui expliquerait, en partie, les discriminations et les difficultés que rencontrent les musulmans originaires d’Afrique noire à se faire entendre ou à se frayer une place au sein des instances dirigeantes du culte musulman en France au sein desquelles sont plus visibles des personnes essentiellement originaires d’Afrique du Nord alors la communauté noire connaît, en France, un nombre non négligeable d’adeptes de l’islam.

Selon l’idée islamique qui prétend que la nation arabe est la supérieure, les Mauritaniens arabisés oppressent leur minorité musulmane négro-africaine de la vallée du fleuve Sénégal. Le pouvoir central de Khartoum, à travers son armée soutenue par des milices arabisées (les « janjawids » -les cavaliers du diable), livre une guerre impitoyable à la minorité noire musulmane de sa région ouest, le Darfour, et le 24 avril 2006, dans un communiqué diffusé par la chaîne de télévision qatari Al Jazira, Ben Laden demandait une intensification de ce conflit.

L’islam se trouve en permanence en guerre. Lorsque ce n’est pas contre une autre religion, c’est au sein même de sa propre communauté qu’il s’affronte, état de chose aujourd’hui presque inexistant dans les autres religions.

La partition entre l’Inde et le Pakistan, par exemple, s’est faite sur une base essentiellement religieuse entre des personnes appartenant le plus souvent à une même tribu, ayant une même culture et parlant souvent une même langue (l’ourdou ou même l’hindi). Les musulmans ne voulaient plus coexister dans un seul et même pays que leurs frères de même tribu, avec qui ils vivaient ensemble, partageaient les mêmes coutumes, traditions et croyances des millénaires avant l’avènement de l’islam.

Dès l’année 610 qui marque son apparition, jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale, l’islam a été le principal instigateur de la quasi-totalité des guerres des religions. Guerres qui ont particulièrement ensanglanté l’Europe, l’Orient et l’Afrique. Depuis les premières conquêtes arabes musulmanes, en passant par les croisades (réponses militaires aux conquêtes et brimades arabes puis ottomanes de Jérusalem), les atrocités ottomanes d’Asie, d’Afrique, d’Europe occidentale et orientale, les conquêtes d’expansion musulmanes Peuls et Toucouleurs en Afrique, les invasions musulmanes mongoles, aux guerres des Mamelouks, etc., le monde a singulièrement souffert et continue à endurer la nature agressive et sanguinaire de l’islam. Cette nature qui a provoqué des morts par millions sur tous les continents et continue encore à en faire.

Il serait donc inexact de penser que l’islam fut à l’origine une religion de paix, dénuée de toute pratique belliqueuse et bestiale mais qui, par la suite, fut infectée par des déviances et des interprétations erronées des islamistes. C’est loin de la réalité. L’islam a débuté par la barbarie et la cruauté. Les « fondamentalistes » et, autres, « intégristes » musulmans ne sont pas des hérétiques au vu de l’islam traditionnel. L’islamisme actuel ne devrait donc guère être considéré comme une innovation idéologique révolutionnaire issue de l’islam. Il se situe dans un courant de pensée qui habite en permanence l’idéologie, la doctrine, la foi et l’action musulmanes. L’islam originel, tel qu’il est contenu dans le Coran et donné en exemple par Mahomet, est sauvage et tyrannique. Tout essai visant à le faire revêtir un visage doux et humain est impossible, malhonnête, va à l’encontre de la lettre et de l’esprit du Coran et de la Sunna, et est voué à l’échec. Il s’agirait alors d’une innovation hérétique au vu de l’islam authentique, et qui y mériterait d’être punie de mort. Un islam tolérant vis-à-vis du non-musulman n’est plus l’islam.

Alors si l’islam vrai est convenable et doux, pourquoi lui demander d’entreprendre de profondes réformes ? Et s’il est dangereux, pourquoi s’abstenir de l’avouer et de lui faire des critiques, ou alors pourquoi le conserver tel qu’il est ?

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