29 octobre 2020

Enfance kabyle

« En somme, mon enfance de petit Menrad, fils de Ramdane et neveu de Lounis s’écoule banale et vide comme celle d’un grand nombre d’enfants kabyles. J’ai gardé de cet âge, pour tout souvenir, un tableau qui me semble uniforme et terne et que j’évoque chaque fois sans y trouver ni charme ni émotion excessive. Je me revois ainsi vêtu d’une vieille gandoura décolorée par les mauvais lavages, coiffé d’une chéchia aux bords effrangés et crasseux, sans chaussures ni pantalon, parce que, dans ma mémoire, c’est toujours l’été. Les pieds sont noirs de poussière, les ongles de crasse, les mains de taches de fruits ; la figure est traversée de longues barres de sueur séchée ; les yeux sont rouges, les paupières enflées. » Mouloud Feraoun, Le Fils du pauvre.

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