Expansion militaire de l’islam II

En 1064, la Géorgie est l’objet d’un pillage musulman systématique qui fera des milliers de morts et de prisonniers. En 1207, à pâques, ce sont plus de 12.000 Arméniens qui seront massacrés autour de la cathédrale d’Ani. C’est sous les Abbassides que la partie de l’Afrique noire islamisée fut conquise et l’empire musulman étendu jusqu’aux confins de la Chine.

Un omeyyade, du nom d’Abdel Rahman, avait échappé aux massacres abbassides. Réfugié en Andalousie, il établira un émirat omeyyade à Cordoue, en 756. Cette dislocation favorisa l’émergence d’une autre dynastie, celle-là d’obédience chiite, les Fatimides, d’abord en Tunisie en 909, puis en Égypte en 969 ensuite dans le reste de l’Afrique du Nord. Ainsi naquit une grande rivalité avec les Abbassides sunnites qui dominaient le Proche-Orient, jusqu’à l’arrivée des croisés, en 1098, qui profiteront de ces dissensions accentuées par l’entrée dans cette région des Turcs seldjoukides fraîchement convertis au sunnisme. Les Turcs seldjoukides s’empareront de Jérusalem, en 1070, et repousseront les Fatimides jusqu’en Égypte. La dynastie des Abbassides fut renversée, à son tour, par celles des Ottomans, en 1258.

L’empire turc ottoman (l’empire des trois continents et des trois mers), fondé dès la fin XIIIe siècle par Osman Ogullari[1], nom arabisé en Othman (d’où l’appellation « ottoman »), perdura jusqu’au début du XXe siècle. Pendant sa période de splendeur, elle s’étendait des Balkans, au bord de la mer Noire, jusqu’à la Crimée ; de l’Asie mineure à une partie de la péninsule arabique et la quasi-totalité de l’Afrique du Nord. En 1268, l’évêque assyrien de Gazarta, Mar Khnanishu, est lapidé et son corps sera ensuite exposé au public.

En 1453, la chute de Constantinople, capitale de l’empire chrétien d’Orient, au profit des Ottomans, sera effroyable. Après une résistance héroïque, la ville tombera aux mains de Mehmet II qui la pilla et massacra ses habitants. Baignée de sang, elle, qui fut pendant des siècles la splendeur de la chrétienté d’Orient, se verra progressivement islamisée de force et rebaptisée Istanbul. En 1534, les Ottomans renverseront, à Bagdad, la dynastie abbasside et prendront le titre de « commandeurs des croyants ». Les Ottomans disaient qu’ils faisaient la guerre dans le seul but de propager la religion musulmane. C’étaient des « combattants pour la foi qui participent aux opérations contre les “infidèles” par le jihad » et leurs sultans portaient le nom de ghâzi, « Sultan des combattants pour la foi et des participants à la guerre sainte ».

Sous domination ottomane, les chrétiens d’Orient (Grèce, Bulgarie, Serbie, Macédoine, etc.) furent soumis à des contraintes particulièrement sévères, comme celles qui leurs imposaient de payer la djizya[2] et les soumettaient à un statut d’inférieurs. La domination musulmane se transformait, le plus souvent, en destructions d’églises, en mises en esclavage et en massacre des populations.

À suivre

Geneviève Harland

Article précédemment mis en ligne le 12-05-2007

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[1] Osman Ier, mort en 1326.

[2] Impôt de capitation qui, dans le droit musulman traditionnel, frappe les non-musulmans des États musulmans.

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