Honneur aux femmes

La Journée internationale des droits des femmes n’est pas une fête. Le 8 mars est une journée de sensibilisation et de mobilisation pour les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes. Le 8 mars est une journée de rassemblements à travers le monde et l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. C’est aussi l’occasion de mobiliser en faveur des droits des femmes et de leur participation à la vie politique et économique. Ce n’est pas le jour adéquat pour offrir une rose, ni celui de faire une marche carnavalesque pour les amateurs de l’agitation. Cette journée n’est pas l’occasion, non plus, de s’amuser à faire des selfies à chaque mètre parcouru ! C’est plus sérieux que toutes ces pratiques irresponsables et déplacées…

Loin de tous les contrastes du folklore local, au diable vauvert de la haine et de la misogynie, les femmes, ces éblouissantes créatures, pour la tulipe des champs, on optera pour des fragments en mosaïque pour les décrire, des mots d’une éternelle affection et d’une immense admiration, en bonnes doses et un baiser sur les fronts on dépose.

À toi génitrice de fœtus…
À toi la maman,
À toi la sœur,
À toi l’épouse,
À toi la grande mère,
À toi …
À toi Vénus…

Aujourd’hui, nous rendons hommage à Clara Zetkin, à Marie Curie, à Simone de Beauvoir, à Marguerite Amrouche… et à toutes celles qui, sans aucune hésitation, se sont engagées à prendre la voie haute aux droits des femmes. Aujourd’hui, nous rendons hommage à Tanit, à Isis et à toutes les déesses de la divinité antique de la nostalgique Mare Nostrum. Sacrément de force et de résilience, elles ont fait connaître les injustices qu’elles-mêmes et d’autres ont subies du seul fait de leur sexe. Aujourd’hui et demain, n’est pas et ne sera jamais une fête ! Plutôt une revendication, une lutte, une marche ensemble pour l’égalité entre l’homme et la femme.

On compte plus de femmes que jamais, qui ont subi la violence à leurs égards, bien trop souvent, l’un des dénominateurs communs des difficultés particulières que rencontrent les femmes pendant leur voyage sur la planète terre. N’oublions pas que la violence envers les femmes est la manifestation de relations de pouvoirs inégaux entre les hommes et les femmes, aux racines très profondes, qu’il nous incombe à tous de condamner ces actes “arabiques de la Jahiliya”. Le discours religieux est de plus en plus très réputé en Kabylie et en Algérie, l’empreinte dogmatique est partout ! Nous n’oublions pas après 26 ans depuis le terrible assassinat de la militante Nabila Djahnine par les gardiens du temple, un certain 15 février 1995. Nous n’oublions pas Katia Bengana, la Kabyle assassinée le 28 février 1994 à Blida, à l’âge de 17 ans, pour avoir refusé de porter le voile islamique.

Nous avons perdu cette année…
– Le 10 Février 2020, à Boumerdes, nom prénom inconnus, 84 ans, assassinée par son petit-fils avec un marteau.
– Le 07 Juillet 2020, à Bouira, Yasmine Tarrafi, 28 ans, assassinée par son ex-fiancé qui l’a égorgée. Elle était avocate
– Le 09 Août 2020, à Tizi Ouzou, Atefaha Fatma, 80 ans, assassinée par son fils avec un fusil de chasse. Elle était mère de 9 enfants.
– Le 01 Octobre 2020, à Boumerdes, Chaima F. connue sous le nom Chaima Sadou, 19 ans, torturée, tuée et brûlée par un repris de justice qui l’avait violée en 2016 quand elle avait 15 ans.
– Le 03 Décembre 2020, à Tizi-Ouzou, Souhila, 30 ans, assassinée par son conjoint qui l’a torturée et frappée avec un marteau, il l’a violentée durant des années. Elle était mère de 3 enfants. Sa mère était elle aussi victime de féminicide par son conjoint il y a 22 ans.
– Le 14 décembre 2020, à Sétif, Nadjima Aoures, 50 ans, assassinée par son beau-père avec un fusil, elle était mère de deux enfants.
– Le 15 Février 2021, à Tizi-Ouzou, Kenza Sadet, 17 ans, assassinée par son père, qui l’avait égorgée, décapitée, et avait découpé son corps. Il a éparpillé les membres de son corps et brûlé certains dans la forêt de Yakouren.

Hommage à vous, génitrices de fœtus …
Hommage à vous les mamans,
Hommage à vous, les sœurs,
Hommage à toi …
À toi Vénus…

Amor vincit omnia[1].

Ramzi AKKACHE, le 08 mars 2021.


[1] L’amour conquiert tout

error: Content is protected !!