Kabyles ancillaires de l’islam

Un peu de lecture pour remettre les idées à l’endroit de ceux qui disent que les Kabyles ont toujours été laïcs. Les Turcs ne les dérangeaient pas car ils étaient musulmans. Les Kabyles ne se sont pas battus pour être libres  mais pour rester soumis à l’islam.

« Ainsi qu’il sera dit dans un de nos prochains chapitres, l’islamisation du Djurdjura n’a donc fait que préciser et fortifier, dans l’esprit du montagnard, les idées de liberté et d’indépendance » Boulifa Ammar ou Saïd in « Le Djurdjura à travers l’histoire : depuis l’Antiquité jusqu’à 1830 : organisation et indépendance des Zouaoua (grande Kabylie) » p.47

« Dellys avait adressé à l’espagnol Navarro, dès son arrivée à Bougie, une soumission appuyée sans doute de quelques cadeaux offerts par les citadins et commerçants. Aroudj qui n’ignorait pas l’estime que les Zouaoua avaient pour lui, et aux yeux desquels il ne voulait pas paraître autre chose qu’un défenseur de la cause nationale, ne manqua sans doute pas, en passant, de faire, avec sa petite flotte, une démonstration de sympathie devant les côtes du Djurdjura et d’inviter les habitants de Dellys, si cela n’était déjà fait, à se dégager de leur engagement de soumission envers les chrétiens. Pareille démarche ne pouvait d’ailleurs qu’augmenter et fortifier son prestige auprès des montagnards, dont la plus grande partie, à commencer par les Aïth-Djennad, échappait encore à l’influence effective du nouveau chef kabyle Sidi-Ahmed ou El-Kadhi.

De sorte qu’en se montrant à Dellys, Aroudj accomplissait là une démarche nécessaire et politique assez adroite et dont le moindre résultat ne pouvait que lui rallier les hésitants ou indifférents du Djurdjura.

D’autre part, son passage à Dellys était le meilleur moyen de faire connaître officiellement le but de sa croisière ; la nouvelle d’une prochaine attaque contre le Penon, déjà lancée dans la montagne par les émissaires de Bel-Kadhi, se confirmant, ne pouvait donc que réjouir le cœur de tous les musulmans ; dans cet enthousiasme général, il ne restait plus de doute pour le Kabyle que l’intervention; d’Aroudj allait sûrement débarrasser Alger de la présence des chrétiens que la ; réputation de sectaires et de tortionnaires avait rendus exécrables à tout le Djurdjura, comme à tout le monde islamique.

Dans ce cas, ne pas assister, ne pas participer à la réalisation de cette entreprise pieuse et patriotique serait pour tout bon musulman un vrai sacrilège. » Boulifa op. cit.,  pp. 101-102

A suivre