L’existence me parait être une satire

Je ris aux éclats d’obus quand je vois aujourd’hui ce peuple, pour lequel j’étais prêt à mourir.
J’ai combattu, sans armes, sans sabre, sans casque.
Un combat assumé, sans larmes, sans affres, sans masque.
Seul, j’ai cheminé tout au long de cette route de la pensée qui chambarde celle des autres.
Je m’en moque, j’ai toujours été fou, mais conscient de la putréfaction civique de ce monde qui est le vôtre.
Ah ! Mon peuple est une autruche ; mon histoire est une fable.
J’ai croisé le fer contre des élites factices maintenant la tête de notre populace dans le sable.
Nos élites, nos élites ne sont pas des élites.
Ils ne profèrent que mensonges et flatteries prosélytes.
Le “système”, ils prétendent l’ébranler.
Mais je vous le dis : le système, ils ne font que le branler.
Du pays, ils s’en fouettent, ils vivent tous en Occident comme des rois.
Comment voulez-vous qu’ils contrent un tel système, qui les a rendus bourgeois ?
Ils en auraient le sourire aux lèvres même si la Kabylie se faisait emporter par un feu grégeois.
Le peuple sacralise les vauriens, le peuple ne voit rien.
Le peuple vague, aveugle, dans les abysses de son inconscience.
Que faire ? peut-on sauver un peuple de lui-même, de son errance ?
Un dilemme sans issue, une question sans réponse. Mon peuple se complait dans l’archaïsme, est prisonnier des ronces.
Mon peuple aime son statut d’esclave.
Mon peuple conçoit la liberté comme une traîtrise à ses ancêtres.
Mon peuple se trompe d’aïeux, mon peuple se trompe de maîtres.
Je m’arrêterai là, avant de dire des sottises.
Mais tout de même… troquer une couronne de laurier contre un tarbouch, quelle hantise !
Ce furent quelques phrases d’un fou, que la corruption agace.
Les quelques phrases d’un fou, qui n’y trouve plus sa place.
Fou, mais qu’on ne m’en veuille pas, je suis dans mon monde : le monde des fées, le monde de Cendrillon.
Fou, mais conscient, quant à mon peuple, que toute chenille n’est pas destinée à devenir papillon.
D. K.

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