28 octobre 2020

Lounès Matoub, de son combat

Lwenas… De sa raison d’exister.

Iconoclaste, je ne suis pas du genre à adorer où à sacraliser des bipèdes. L’idolâtrie, ce n’est pas ma tasse de thé et surtout pas ma chope de bière. Par contre, Matoub Lounès, je le vois comme un être d’exception. Un Kabyle d’exception. L’authentique enfant du peuple. Un homme qui a des qualités, mais aussi des défauts. Des défauts qu’il n’a pas cachés ou occultés ; des défauts qu’il a chantés. Ses chansons sont la bible de sa vie.

Par-dessus tout, j’aime en lui son humanité. Proche du peuple, il ne traînait pas dans des endroits étoilés comme faisaient nos véreux politicards, lui prenait son verre dans les bars populaires avec son peuple. Ce peuple dont il chantait les maux. Très critique à l’égard des siens, il voulait les réveiller. Dans ses chansons, comme dans ses interviews, il parlait avec le cœur et l’âme. On voyait dans ses yeux une étincelle, une flamme, une conviction.

Il aurait très bien pu vivre ailleurs, s’enrichir et faire comme les autres, mais comme il l’a toujours entonné « ma place est avec les miens ». Rafalé par balles de gendarmerie algérienne, séquestré par des terroristes islamistes, il n’a jamais cessé son combat. Il a toujours et toujours chanté la liberté et surtout son identité, cette identité piétinée par l’arabisme et l’islamisme.

Dans une émission de télévision française, une journaliste l’avait averti : « Si vous retournez au pays, ils vont vous tuer », il a répliqué courageusement :

« Madame, si la Kabylie m’appelle, je vais y retourner. J’ai mon combat à mener. Il faut savoir distinguer entre la vie et la mort, les deux sont belles. Je préfère mourir pour mes idées que de mourir de vieillesse ou de lassitude dans mon lit »

Abattu lâchement le 25 juin 1998 de 79 balles, son âme ne cesse de hanter les plus braves des Kabyles. On ne t’oubliera jamais, Lwenas.

Lors de sa dernière rencontre avec Yalla Seddiki, il lui confié sa déception de nos politiciens, notamment du RCD. Il lui a explicitement avoué qu’il ne restait que lui comme opposition, et que sûrement, après son dernier album, ils le jetteront en prison ou le tueront.

Pour reprendre Yalla, « ils ne l’ont pas jeté en prison.. »

 

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