29 octobre 2020

Mamertine, la prison romaine où le roi Jugurtha avait péri

ROME (kabyles.net)— Mamertine (Tullianum), c’est dans cette prison que le roi berbère Jugurtha a été détenu avant d’être exécuté vers 104 avant J.-C. Pour le touriste, c’est un musée à visiter, une galerie à voir. Pour notre ancêtre Jugurtha, c’était un abominable lieu de supplices qu’il rejoignit, attaché avec des fers lourds, enchainé à des chars de l’époque, subissant des humiliations dans la longue marche dans Rome lors de la parade triomphale de Caius Marius, général et homme d’Etat romain (157 av. J.-C -86 av. J.-C).

Ci-git Jugurtha:
Les portes de l’enfer s’étaient ouvertes pour se refermer sur Jugurtha à jamais. Il mourut après six jours de torture, les lobes de ses oreilles lui avaient été arrachés. Sur le plancher demeure encore la trappe métallique de forme circulaire et de près de 50 cm de diamètre, avec d’épaisses traverses de couleur brunâtre, et au fond un cachot humide où mourut le roi berbère.

L’histoire de cette prison remonte au VIIe siècle av. J.-C. Elle avait été creusée sous le règne d’Ancus Marcius, roi de la Rome Antique de 641 à 616 av. J. C, puis agrandie par le roi Servius Tullius, qui aurait régné de 575 à 535 av. J.-C, qui laissa son nom, Tullianum. Elle fut encore agrandie au Moyen-Âge et porte le nom de prison Mamertine. C’est une prison souterraine à deux étages.

Citant Caius Sallustius Crispus ou Salluste (Octobre 86 av. J.-C- mai 35 av. J.-C.), homme politique, militaire et historien, Haouaria Kadra-Hadjadj dans son livre Jugurtha. Un Berbère contre Rome (Barzakh 2013) décrit en page 195 ce cachot inondé, sans air et lumière : 

Il y a dans la prison, quand on monte, un peu sur la gauche, un endroit nommé le Tullianum, enfoncé d’environ douze pieds (trois mètres et demi) sous terre. Il est de tous côtés fermé par des murs et couvert d’une voûte en pierres de taille ; la saleté, l’obscurité, l’odeur lui donnent un aspect sinistre et terrifiant . 

Jugurtha, né en 160 av. J.-C. et mort en 104 avant J.-C. dans cette prison, s’oppose durant sept ans à la puissance romaine, entre 111 av. J.-C. et 105 av. J.-C.

Ce petit-fils du roi numide, Massinissa qui fut un grand allié de Rome durant les guerres puniques, est envoyé en Espagne (Hispanie à l’époque) pour combattre avec les troupes de l’armée romaine et fit preuve de bravoure et de combativité. La guerre de Jugurtha, (111 av. JC-104 av. J.C) comme la guère de Libération nationale (1954-1962) ont toutes les deux duré sept ans. L’une comme l’autre ont connu des faits d’armes héroïques, mais aussi des intrigues, des revirements, des souffrances, mais surtout la trahison. Jugurtha avait été capturé et livré à Rome par Bocchus, son beau-père, roi de Maurétanie (actuel Maroc).

Des siècles plus tard, à l’intérieur du Tullianum, il ne reste que la mémoire. Du moins pour ceux qui veulent l’entretenir. Il n’y a point de trace de Jugurtha, à part une plaque qui signale une référence au roi numide Jugurtha avec la date et les circonstances de sa mort « Jugurtha roi de la Numidie, mort par faim en 104 avant J.C« . L’Algérie tourne le dos à l’histoire précédant l’arrivée de l’islam en Afrique du Nord. Quant à Rome, elle continue de tirer profit de la prison du roi numide. Le visiteur devra s’acquitter de 10 euros pour entrer dans cet orifice de triste mémoire.

On s’est engouffré dans cette prison avec un cachot sur 2 niveaux souterrains avec une voûte en pierre sur chacun contenant un trou par lequel le roi numide aurait été jeté après avoir été torturé. Vercingétorix, le Roi de la Gaulle est aussi mort dans cette prison par strangulation.

Par : Nadira Boukaouma

 

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!