Chronique

Nager au milieu des crocodiles

N’écoutez pas ceux qui vous expliquent qu’ils ont la bonne et la seule clé qui ouvre toutes les portes, quelques soient les serrures.
Sachez ceci :

Il n’y a pas de solution collective qui puisse arranger tout le monde… faites au mieux pour vous et votre famille… ce sera déjà pas mal ! N’écoutez pas les va-t’en guerre…

Dès que vous croisez un donneur de leçons, changez de trottoir. La plupart des gens qui viennent vous expliquer comment il faudrait faire, sont des ratés. Ceux qui ont réussi leurs vies donnent rarement des leçons… car ils savent que c’est compliqué.

Ne vous sentez pas dépositaire d’un message ancestrale ou redevable envers votre pays ou votre culture… Vous ne devez rien et à personne. Rassurez-vous. Celui qui vous parle de culture kabyle ou des ancêtres berbères pour vous enrôler, agit comme agirait un imam de mosquée pour vous convertir, un témoin de Jéhovah pour vous pervertir, ou un caporal de légion pour vous détruire… à fuir ces gens-là.

La Kabylie n’a rien demandé, foutez-lui la paix, c’est tout ce que vous pouvez faire pour elle ! Occupez-vous de vous-même, c’est le meilleur service que vous pouvez lui rendre.

Ne succombez pas aux passions tristes de la plupart des gens qui interviennent pour vous montrer le chemin. Le meilleur chemin que tu puisses suivre, c’est celui que tu as conçu toi-même.

N’oubliez pas ces deux proverbes kabyles, qui valent de l’or :
le premier est : « tamacahutt deffir imensi ». Cela veut dire que la première nécessité pour un homme, et à fortiori pour un kabyle, c’est de manger et boire d’abord. Les histoires viendront plus tard… elles ne sont pas plus importantes.
Le deuxième est : « axxam is ur syezmir, lağame3 ittef as amezzir ». Vous l’avez sûrement remarqué, mais le milieu culturel kabyle est infesté de personnes qui sont dans la culture, ou la politique, uniquement parce qu’elles ont ratées leur vie. Le bien commun ne doit pas être la propriété des ratés, mais normalement de l’élite. La culture et la politique kabyles recrutent essentiellement des médiocres, ne les suivez pas, vous êtes bien meilleurs qu’eux ! Ne les écoutez pas sérieusement, mais avec amusement, car la plupart de leurs diarrhées verbales sont révélatrices de leurs faiblesses.

Quand vous vous faites insulter par ces pseudo-intellos qui n’ont lu que les quatrièmes de couvertures… Sachez que la plupart d’entre eux parlent de livres qu’ils n’ont jamais lus ! Répondez à ces gens-là par le mépris, le rire… soyez imperméables à leurs sermons !

N’écoutez pas davantage ceux qui vont vous brosser dans le sens du poil, qui vous flatteront ! Qui vont vous dire que vous êtes merveilleux, que vos ancêtres étaient valeureux, que votre culture est magnifique… ils vous fourvoient ! Sachez que votre culture ne mérite ni d’avoir honte, ni d’être excessivement fier.

Ni Matoub ni Jugurtha ne vous jugeront si vous n’avez fait ou pensé qu’a votre bonheur personnel et à celui de vos proches…

Vous n’avez aucun compte à rendre à ceux qui essaierons de vous aligner en vous parlant de la révolution algérienne. Vous n’avez aucun compte à rendre, ni à Abane, ni à Amirouche… n’écoutez pas ceux qui parlent à la place des morts.

Yiwen yenna yas i wayedh : « aghiyi rray a ttrebhedh ! »
Yerra yas : « I rray iw nek anda ara terregh? »

J’ai choisi de comparer ces gens aux crocodiles, car ils ont un point commun : grande gueule, petits bras !

Hend Ibersiène