Passons de l’opposition à la construction

Les citoyens de Kabylie sont confrontés au drame quotidien d’une répression outrancière, à un environnement en dégradation accéléré, et les jeunes endurent un chômage endémique. Ainsi, la répression, l’arabisation, l’islamisation et l’incendie des forêts sont autant de facteurs qui contribuent à l’éveil des consciences.

Pour la renaissance d’une nouvelle pensée politique en rupture avec l’ordre ancien. Il faut rompre avec nos luttes historiques, nos échecs répétés et les impasses dans lesquelles nous nous sommes égarés. Il faut rompre avec le pan-berbérisme qui véhicule et reproduit les réflexes de la pensée hégémonique panarabiste en prônant un berbérisme uniciste, en gommant les différences entre les peuples amazighs pour les mettre au diapason des réalités culturelles, socio-économiques de leurs aspirations communes.

Il faut cesser de chercher des solutions dans le passé. Certains font d’avril 1980 et du congrès de la Soummam une référence pour leur combat. Ni la crise berbériste, ni la guerre de 1954, ni le congrès de la Soummam, ni l’insurrection du FFS de 1963, ni avril 1980, ni le printemps noir ne peuvent être une solution pour la Kabylie. L’avenir de la Kabylie, n’est pas dans son passé, elle est dans son présent. C’est le présent qui construit le futur et non le passé.

Il faut finir avec la culpabilisation, la glorification et la victimisation et cesser de se justifier. Il faut se légitimer au lieu de se justifier.

La réflexion consciente ne doit pas se soumettre à la culture du culte de la personnalité, le “zaimisme”. Les slogans creux comme « vive la Kabylie ou « vive X ou Y » ont réellement condamné toute émergence d’une alternative crédible pour la Kabylie.

Endurance des Kabyles

La Kabylie sait résister, mais ne sait pas capitaliser ses expériences. Ses élites s’engagent dans des combats qui ne sont pas toujours les leurs. Les Kabyles savent admirablement résister. Mais souvent, ils réagissent plus qu’ils proposent et ont des difficultés à élaborer un projet qui leur est propre. Ils ont d’ailleurs décidé un boycott scolaire d’une année, pour les résultats que l’on sait, sans songer à se donner les moyens de créer leur propre école.

En plus, les Kabyles sont les premiers à nier leur propre existence. Avant d’être Kabyles, ils se veulent d’abord Amazighs, Algériens, musulmans en poussant très loin la fuite en avant. Allant jusqu’à se proclamer citoyen du monde.

La Kabylie est arrivée au point de tourner le dos à son destin c’est une forme d’aliénation.

L’avenir de la Kabylie est entre les mains des Kabyles

Les Kabyles doivent prendre leur destin en main et mettre en place une organisation durable pour assurer leur pérennité. Il faut enclencher un processus de réflexion continu, définir les stratégies, fixer des objectifs à atteindre et inventer d’autres formes de luttes.

C’est le moment de produire et de construire une offre politique qui peut nous redonner de l’espoir. Il s’agit d’organiser et de mobiliser les énergies pour mieux les capitaliser en canalisant des objectifs réalisables et non chimériques. Pour y parvenir cela passera par la valorisation des atouts, en notre possession, et la création de conditions optimales pour nous doter de moyens afin d’obtenir notre souveraineté politique et économique.

Y. B., 18/07/2021

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