28 octobre 2020

Quel style de lutte pour les Kabyles ?

Je ne dénigre pas les Québécois, je les trouve même « parfaits ». Et c’est cela qui m’irrite car moi je ne suis pas parfait et je leur avoue mes insuffisances. Pour m’irriter encore plus, ils les justifient à ma place !

Ceci dit, j’ai dénigré les Kabyles (les zarabes ne relèvent pas de ma juridiction) de Montreal. Ils me les pompent sérieusement avec leurs idées ramassées sans se déranger sur les bas-côtés des sentiers battus.

J’ai assisté à quelques-unes de leurs réunions dans un restaurant fourre-tout où soit-disant des intellectuels « anegiriens », mais tous Kabyles, élaboraient des plans généreux pour résoudre « la crise anegirienne ». Ils sont tellement vindicatifs haineux entre eux, imbus de leurs personnes qu’ils se guettent et s’épient avec méfiance, à l’affût de la moindre déclaration, du moindre slogan, de la moindre réflexion qui sort de l’unanimisme gaucho-populiste transposé directement des sièges (désormais incendiés) du FFS en Kabylie, via Lausanne, en passant par Paris. Une fois ils en sont arrivés aux poings.

Ils sont prompts à expliquer aux Canadiens que l’Anegiri est un pays moderne, au peuple généreux, vivant son temps, faisant des efforts pour se développer et bien gérer ses grandes richesses, mais qu’un pouvoir « maffieuéassassin » empêche de moderniser en rond.

En fait « le pouvoir maffieuéassassin » est devenu un justificatif de l’incompétence collective à vivre les temps modernes. Les anegiriens gardent ce pouvoir au frais, ne le gênent pas trop, et chargent quelques groupuscules de le harceler sans trop lui faire de mal, juste assez pour provoquer quelques injustices çà et là, car le pouvoir est un défouloir collectif jouant le rôle de bouc émissaire à ménager à tout prix. Le pouvoir, tant qu’il est là, cache le moyen-âgisme du peuple et le préserve de l’immense responsabilité de se prendre en charge, de gérer sa liberté et de vivre d’égal à égal aux côtés des autres peuples.

La perspective d’entrer en compétition pacifique (économique principalement) avec les autres peuples donne aux anegiriens une trouille bleue. La seule fois où le peuple a tenté de se débarrasser de ce tuteur-fouettard, il a failli descendre au plus profond du gouffre sans espoir de remonter à jamais. La mauvaise foi des anegiriens est légendaire. Ils trichent avec eux-mêmes : ils dénoncent un mal du bout des lèvres tout en ayant peur de la guérison.

Comme a dit le poète : »azelmad nugit, ayeffus nugadit« .

Les élites kabyles aussi ont le syndrome politique arabo-islamique. Je trouve les Kabyles incohérents dans leur démarche politique. Au fond d’eux, le « pouvoir maffieuéassassin » les arrange bien car il les dispense d’être suivis jusqu’au pas de leur porte pour voir ce qu’ils proposent. Ils ne proposent rien ! rien pour les Kabyles et l’impossible pour les arabo-muzulmans (chaouis, chenouis, muzz-à-bites confondus).

Ils s’arrangent toujours pour que leurs propositions soient astronomiques. Quand ce n’est pas la démocratie et l’État de droit pour tous les anegiriens, c’est tamazgha à travers toute l’Afrique du nord, jusqu’aux Iles Canaries, s’il vous plait. Sinon, c’est tamazight langue nationale et officielle jusqu’aux fins fonds de Deb-Deb, de Tebessa à Maghnia en passant par Touggourt. La dernière est la plateforme d’El Kseur. Ce projet a déjà été refusé et combattu par le pouvoir maffieuéassassin et tout le peuple anegirien à travers la plateforme du congrès de la Soummam. La date du 20 août 1956 a été effacée et supplantée par le 20 août 1955, journée du moudjahid. Les 364 autres journées de l’année sont déjà toutes prises et il ne restait que le 20 août pour insérer la journée du faux-moudjahid-faussaire !

Les Kabyles se prennent pour des alchimistes ! Ils comptent ménager la religion islamique, la mixer avec la modernité, y jeter négligemment un zeste de droits de l’hommes et la saupoudrer de quelques libertés en tous genres pour faire apparaître par enchantement une démocratie verdâtre. Ils veulent en plus préserver la culture tamazight sans s’opposer aux coups de boutoir de la culture dominante arabo-muzz.

Comment défendre une chose en ignorant ce qui la menace ?

Mon fils (10 ans) m’a posé la question :
« – Papa quel est le problème de tamazight en Kabylie ? »

Pour toute réponse j’ai bafouillé :
« – c’est Bouteflika, mon fils, et tout le pouvoir militaire ».

Il me rétorque innocemment :
« – Avant, il n’y avait pas de problèmes ? »

J’ai bien été obligé d’être honnête avec mon fils et lui dire tout ce que je pense. N’importe quel témoin bienpensant m’aurait accusé d’éduquer mon fils pour « l’intolérance ».

Voilà donc où nous en sommes ! Nous baissons les bras et nous ne nous défendons plus de peur de passer pour des intolérants, des racistes et de vieux débiles dépassés.

Arilès 13/06/2002

 

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