Qu’est-ce qu’une révolution ?

Le Larousse nous en donne la définition suivante :

« changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se révoltant contre les autorités en place, prend le pouvoir et réussit à le garder ».

Voyez donc maintenant que vous avez tort d’affirmer niaisement que les islamistes « ne sont pas pour la révolution »… car ils le sont.

Ils le sont, mais pour une révolution qui leur sera exclusive. Ils œuvrent pour un changement radical qui ira dans leur sens. Une révolution n’est pas forcement “positive”, en cela qu’elle n’a pas toujours pour cible l’évolution, la modernité et les avancées sociales. Rien que ce terme, “positif”, est relatif et conditionné par l’idéologie de chaque groupement : le progressiste verra en l’émancipation des femmes une chose positive, tandis que la chose positive, pour l’islamiste, sera de voiler et d’enfermer les femmes.

La révolution iranienne n’est-elle pas perçue comme une révolution positive par beaucoup d’Iraniens ? La révolution, elle se construit. Elle doit être préparée, réfléchie, planifiée. Ce ne sont pas les manœuvres intéressées des partis politiques qui la bâtissent, mais bien les pensées et réflexions intellectuelles qui déconstruisent l’ancien monde, tout en dessinant la belle toile de l’avenir rêvé́ et souhaité. L’avènement d’une nouvelle société ne peut se produire que si, préalablement, les fondements idéologiques et institutionnels de cette société ont été pensés et provoqués par un esprit de la révolution : productions intellectuelles et académiques, littérature, chant, théâtre… Un système d’idées et de pensées qui convergent vers un même objectif, suivant un même mot d’ordre : le changement. Un changement bien défini. La révolution française de 1789 fut le fruit du tissu philosophique et intellectuel des penseurs des Lumières :

« c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau » !

On ne peut changer adéquatement un pays si on ne l’a pas préparé au changement. Prenons l’exemple de la laïcité : il est impossible de séparer politique et religion dans un pays islamisé, par un simple claquement de doigt. Une déconstruction de l’islamisme est indispensable dans un premier temps, par le biais de la production intellectuelle ainsi que par la voie artistique. L’art constitue une arme redoutable et puissante. La société doit devenir prédisposée à accepter la laïcité, c’est ainsi que la révolution se fera utilement. En résumé, ceux qui prétendent que « ce n’est pas le moment des idéologies » vous mentent. Ils ne souhaitent tout simplement aucune organisation, ni structuration des revendications, plutôt le contraire : tout ce qu’ils veulent, c’est vous maintenir dans l’abêtissement afin de pouvoir demeurer les éternels bergers d’un troupeau docile gouverné depuis Paris, Marseille, Montréal ou Lausanne.

D. K.

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