Sortez de la schizophrénie

Algérianistes et kabylistes partagent une même schizophrénie. Les deux discourent sur l’Algérie et sur la Kabylie comme si elles étaient de grandes nations qu’ils voudraient réhabiliter, alors que ces deux entités n’ont jamais approché une quelconque grandeur, pire même… elles n’ont jamais existé.

Les Algériens parlent de retrouver l’Algérie d’autrefois : Chérif Kheddam, dans un élan de folie lyrique, a chanté cette Algérie « d’autrefois ». Mais quelle est donc cette Algérie ? Depuis 1962, c’est l’Algérie du FLN ; avant 1962, c’était l’Algérie française, et avant l’Algérie française… il n’y avait tout simplement pas d’Algérie. Seulement des tribus éparpillées sous domination ottomane. Des peuplades sans civisme et sans perspective. Aucune école. Aucune instruction mis à part la lecture de coran. Bref ! Un mode de vie archaïque dont la zoophilie était une culture.

Certains me parleront de la beauté des années soixante-dix, mais ce n’était pas l’Algérie ! Les bars, les belles chemises, les femmes en petites jupes, n’était que le reliquat de la culture “coloniale” française. Une culture que les tenants du pouvoir ont très vite effacée dans une volonté de retrouver « l’avant la France ». Quel dommage.

Les kabylistes parlent de retrouver la souveraineté perdue de la Kabylie. Mais quelle souveraineté ? Les Kabyles n’ont jamais constitué un peuple. Ils ont toujours été qu’un amas de tribus sans aucune conscience nationale. Ils n’ont eu ni souverain, ni bannière, ni armoiries. Descendants de “berbères”, arabisés et islamisés, ils ont perdu le fil de leur histoire. Leur territoire a été traversé par des dynasties arabo-musulmanes, mais jamais kabyles ou berbères. Avant l’arrivée des Français, les Kabyles ne savaient même pas ce qu’ils étaient. C’est la France qui transcrit leur propre langue. N’est-ce pas honteux ?

Le plus drôle, ces tribus passaient leur temps à se faire la guerre. La tribu d’en haut versus la tribus d’en bas. “Tribu”, c’est tout le contraire de “peuple”, plus encore de “nation”. Et lorsque l’on voit même ce qui se passe aujourd’hui, on ne peut qu’admettre que ce n’est pas de si tôt que la Kabylie deviendra une nation. Aucun père fondateur n’est en vue. Regardez, nous sommes en 2021, et nous n’avons même pas d’académie kabyle. Nous n’avons même pas non plus pu harmoniser le kabyle et en faire une langue « officielle » digne de ce nom…

Il n’est jamais trop tard pour construire un peuple. Mais il faut avoir la bonne méthodologie. Et surtout, s’extraire de cette absurde schizophrénie.

Djafar Khenane

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